PAKISTAN - Après quatre jours d’état d’urgence...
Critiques unanimes, mouvements de menton de George Bush, rien n’y fait. Le pouvoir pakistanais reste sourd
aux injonctions de la communauté internationale, quatre jours après l’instauration de l’état d’urgence.
«Nous comprenons que nombre de nos amis commentent la proclamation de l'état d'urgence, mais cela relève avant tout des affaires intérieures du Pakistan»,
a déclaré mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Sadiq.
Principal allié du Pakistan,
le président George W. Bush a fermement appelé lundi soir le général Musharraf à mettre fin à l'état d'urgence, à quitter son poste de chef des armées et à «rétablir la démocratie aussi vite que possible».
«Il est évident que nous allons devoir réexaminer notre aide»
George Bush a aussi souhaité que Pervez Musharraf organise les élections législatives prévues mi-janvier. En réponse, le président pakistanais
a promis des élections à une date «aussi proche que possible» de l'échéance prévue.
Les Etats-Unis ont menacé de réexaminer leurs relations avec le Pakistan, allié stratégique dans leur «guerre contre le terrorisme», et dont ils sont de très loin le principal bailleur de fonds. «Il est évident que nous allons devoir réexaminer notre aide», avait averti lundi soir la Secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice. Mais «nous gardons des intérêts antiterroristes (au Pakistan) et nous devons rester en mesure de continuer à protéger les citoyens américains», avait-elle aussitôt tempéré.
Bilan record
La répression se poursuit contre le monde judiciaire. Après les arrestations d’avocats, les réseaux de téléphones mobiles ont été rendus inopérants et au moment où
l'ex-président de la Cour suprême évincé par le chef de l'Etat Pervez Musharraf s'adressait à une réunion de l'opposition par téléphone.
Dans le même temps, le ministère de l’Intérieur a publié un bilan des attentats dans le pays. Ces derniers ont fait un nombre record de victimes: 667 morts et plus de 2.000 blessés. Une façon de justifier l’état d’urgence tant décrié.
P. K. (avec AFP)