SOCIAL - Malgré les annonces de Nicolas Sarkozy mardi matin...
Les marins-pêcheurs de plusieurs ports français réunis au Guilvinec après la venue de Nicolas Sarkozy ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève. Ils attendent désormais des résultats de
la réunion avec le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier, mercredi. Le ministre leur avait fait part de premières
propositions mardi dernier. Par ailleurs, les marins-pêcheurs qui bloquaient depuis mardi matin le dépôt de carburant du port de La Pallice, à la Rochelle, ont levé leurs barrages en début d'après-midi, a indiqué à l'AFP un pêcheur de Marennes-Oléron.
Visite de Sarkozy
Venu au port du
Guilvinec (Finistère) évoquer la crise que traversent les pêcheurs,
au lendemain d'actions menées dans différents ports, Nicolas a avancé trois propositions pour aider le secteur.
«Je n'ai pas l'intention de laisser mourir la pêche», a-t-il déclaré lors d'une table ronde avec quelques dizaines de pêcheurs sur le port du Guilvinec.
Trois dispositions
Il a détaillé trois dispositions pour aider la profession à compenser la hausse du prix du gazole. Il a proposé «l'exonération totale des cotisations patronales et salariales pour une durée de six mois renouvelable» pour les marins-pêcheurs. Une mesure dont le coût est évalué à 21 millions d'euros par trimestre, a-t-il précisé.
Il a également demandé au ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier d'élaborer avec la profession, «dans les trois mois», un «mécanisme durable qui intègre le coût du gazole dans le prix du poisson vendu à l'étal». Le président a par ailleurs annoncé un «plan de sauvegarde» pour moderniser les moteurs des bateaux de pêche «afin de réduire leur consommation en gazole».
Sifflets
A son arrivée, le matin, Nicolas Sarkozy a reçu un accueil mouvementé sur le port de pêche où quelque 300 pêcheurs l’attendaient de pied ferme. Certains l'ont sifflé et ont réclamé «du concret, du concret!».
Il a fait face aux multiples invectives, répondant à l'un: «Toi, si tu as quelque chose à dire, tu n’as qu'à venir ici!», ou lançant énervé à un autre qui l'insultait: «toi, tu n'as qu'à descendre!». «Je n'accepte pas les insultes des pêcheurs à mon endroit. Je vais annoncer des nouvelles», a-t-il ajouté. «Si je viens, on me le reproche, si je ne viens pas, on me le reproche aussi. Moi je viens», a-t-il poursuivi. «Je ne laisserai pas mourir la pêche française, je vais annoncer des choses fortes», a-t-il encore promis avant la table ronde prévue avec les pêcheurs.
Avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy, le porte-parole du comité de crise des pêcheurs bretons, Philippe Le Moigne, avait lancé un appel au calme aux pêcheurs, leur demandant «un peu de discipline (...) de gentillesse et de compréhension» le temps de la réunion avec le président.
D'après AFP