L'Arche de Zoé porte un coup à l'adoption

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Publié le 6 novembre 2007.

ADOPTION - Toute la chaîne va trinquer...

Toute la chaîne risque de trinquer. Les agissements des membres de l'Arche de Zoé jettent le trouble sur le monde de l'adoption. Déjà, vendredi, le Congo a suspendu les départs d'enfants vers tous les pays, par «précaution».


Hasard du calendrier, l'Agence française de l'adoption (AFA) organise à partir de demain un colloque sur l'avenir de l'adoption internationale. L'occasion de répéter que «si on sort des clous, on aboutit à des catastrophes». Et de rassurer les associations agréées, inquiètes pour plusieurs raisons.

· Les futurs parents discrédités? «Certaines familles prêtes à tout pour avoir un enfant se sont jetées tête baissée aux côtés de l'Arche de Zoé. Cela fait beaucoup de tort à notre image», estime Marie-Claude Arnauld, chargée de l'adoption internationale à Enfance et Familles d'adoption. Seul point positif de cette affaire, selon elle, «le débat sur l'éthique de cette pratique va être relancé».

· Les procédures rallongées? Certains pays, africains notamment, pourraient se montrer plus frileux, «ne serait-ce que par orgueil, pour prouver leur indépendance», précise Marie-Claude Arnauld. Or, 25% des 3.977 orphelins étrangers adoptés par des Français en 2006 sont nés en Afrique. Plusieurs associations contactées craignent qu'on leur demande «plus de garanties, plus de documents, alors que les règles sont déjà très carrées». Les autorités françaises, pointées du doigt, pourraient aussi scruter avec d'autant plus de prudence les dossiers des enfants originaires des pays qui n'ont pas ratifié la convention de La Haye qui régit l'adoption. Aujourd'hui, il faut deux ans minimum pour adopter, une fois la demande d'agrément obtenue (neuf à quinze mois).

· Les Français relégués? La France est aujourd'hui le deuxième pays au monde en nombre d'enfants étrangers adoptés, derrière les Etats-Unis. «Forcément, certains pays pourraient désormais privilégier les dossiers d'autres nations», souligne Laure de Choiseul, présidente de l'AFA. D'autant que la concurrence existe : par exemple, la Chine a 40.000 demandes en attente, pour 500 enfants adoptables par an.

Laure de Charette
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