JUSTICE - Le député UMP est poursuivi pour «faux», «financement illégal de campagne électorale» et «abus de confiance»...
La défense de Charles Pasqua a dénoncé lundi dès l'ouverture de l'audience le procès «inéquitable» intenté à l'ancien ministre de l'Intérieur devant le tribunal correctionnel de Paris pour le financement illégal présumé de sa campagne des européennes de 1999.
Charles Pasqua, 80 ans,
est jugé jusqu'au 28 novembre en compagnie de six coprévenus pour un lien présumé entre le financement de la campagne européenne de 1999 et les profits tirés de la vente du casino d'Annemasse (Haute-Savoie) en 1995. Il est poursuivi pour «faux», «financement illégal de campagne électorale» et «abus de confiance».
Interrogé, Charles Pasqua a succinctement parlé de ses revenus: indemnité parlementaire et retraites diverses qui s’élèvent à 8.000 euros mensuels. Son avocat, Me Léon-Lef Forster, a fait valoir des états de service dans la Résistance et a assuré que «M. Pasqua n'est propriétaire de rien».
«M. Pasqua ne répondra à aucune question»
Sur le fond, la défense de l'ancien ministre de l'Intérieur (1986/1988 et 1993/1995) a combattu l'idée même de la tenue de ce procès. Pour Me Forster, «M. Pasqua n'est pas en mesure de s'expliquer» devant le tribunal correctionnel de Paris car «les auditions et interrogatoires de membres du gouvernement ne sont possibles que devant la commission d'instruction de la
CJR». Et d’ajouter : «les conditions de tenue de ce procès sont inéquitables».
Par conséquent, «M. Pasqua ne répondra à aucune question» du tribunal correctionnel, a affirmé Me Forster alors qu'un premier interrogatoire de son client est prévu mercredi. Le tribunal a toutefois décidé la poursuite normale des débats et se prononcera sur la demande de renvoi dans son jugement final.