MAL-LOGEMENT - Trois femmes ont été légèrement blessées jeudi lors de l'évacuation de la rue de la Banque...
Action policière musclée et multiplication des fronts. Les femmes africaines mal logées qui ont entrepris depuis un mois d'occuper la rue de la Banque, au centre de Paris, ont été à nouveau évacuées par la police jeudi tandis que la ministre du Logement Christine Boutin refusait d'être impressionnée par la «gesticulation médiatique» des vedettes venues les soutenir. Parmi elles, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu ou encore Josiane Balasko.
Lors de l'évacuation, trois des femmes ont été légèrement blessées et conduites à l'hôpital de l'Hôtel Dieu, l'une souffrant au poignet, une autre à la cheville et une dernière a été victime d'une crise d'épilepsie, selon la police. Les blessures ont été provoquées «dans la bousculade mais les victimes n'ont pas été poussées» par les policiers et gendarmes mobiles.
La police a ensuite bloqué l'accès à cette partie de la rue, interdisant du même coup l'entrée de l'immeuble.
D'autres campements apparaissent
Alors que les tentes et les campements font désormais leur apparition place de Stalingrad,
rue Godefroy-Cavaignac, Christine Boutin s'est dite «déterminée à ne pas tolérer que des campements (de mal-logés) s'installent dans Paris».
Dans le nord-est parisien,
place de Stalingrad, ce sont une centaine de mal-logés qui campaient, jeudi.
Sous une banderole appelant à «reloger tous les mal-logés», le Comité actions logement (CAL), organisateur de la manifestation sur cette place du 19e arrondissement, demande au gouvernement «d'appliquer la loi de réquisition».
Présentes depuis 11h00, les familles affirmaient jeudi leur intention de camper sur place.
Jean-Baptiste Eyraud, du DAL, devrait rencontrer vendredi le chef de cabinet du ministère du Logement. Au menu de leurs discussions, la liste des personnes prioritaires à l'accès au logement selon les critères de la loi Dalo, ainsi que l'anticipation éventuelle de l'application de la loi.
C. C. avec AFP
Trêve hivernale
De ce jeudi 1er novembre au 15 mars prochain, aucune expulsion locative ne peut être exécutée. Malgré tout, ce délai de trêve hivernale connaît des exceptions. Ainsi, il ne s'applique pas lorsque:
- le relogement de la famille est assuré dans des conditions normales
- l'occupant est un squatter
- le logement est situé dans un immeuble faisant l'objet d'un arrêté de péril
- l'occupant est un étudiant de locaux spécialement destinés aux logements des étudiants lorsque l'intéressé ne satisfait plus aux conditions pour lesquelles le logement lui a été attribué.
(source:
ministère du Logement)