TCHAD - Le gouvernement ne veut pas donner l'impression d'abandonner les membres de L'Arche de Zoé…
La France embarrassée par l'affaire de L'Arche de Zoé. Le ministère des Affaires étrangères a reconnu mardi que la justice tchadienne avait bien inculpé les 16 Européens dans l'enquête sur la tentative de transport en France des 103 enfants. Une information que le Quai d'Orsay avait dans un premier temps démentie. Et qui
met mal à l'aise alors que les ressortissants français encourent des peines de travaux forcés.
La pression est d'autant plus forte que le PS, par la bouche du député Jean-Louis Bianco» dit «redouter un processus du type de celui des infirmières bulgares». «Le moins qu'on puisse dire, c'est que la justice tchadienne, a priori, ne présente pas toutes les garanties d'impartialité. L'ex-secrétaire général de l'Elysée s'est ému «des accusations extrêmement graves» portées par les autorités tchadiennes «alors qu'il n'y a aucune preuve».
«Trouver des accords» avec Déby
L'exécutif a tenté mardi après-midi de reprendre l'offensive sur le sujet. Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé depuis la Corse qu'il allait «essayer de trouver des accords» pour que «personne ne perde la face, pour qu'on sache exactement la vérité, pourquoi les membres de l'association Arche de Zoé ont été récupérer ces enfants et dans quel but». «J'ai eu le Président Deby au téléphone. Je lui ai assuré que je condamnais cette activité», a-t-il ajouté.
Fillon veut rester «extrêmement vigilant»
François Fillon a assuré de son côté que les autorités françaises «resteront extrêmement vigilantes sur le respect des droits de nos ressortissants». «Les autorités françaises sur place et, semble-t-il, les autorités tchadiennes, ont été abusées par une association qui s'est dissimulée sous une fausse identité», a-t-il toutefois souligné.
Concernant la question particulière des journalistes prisonniers, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a indiqué que les autorités sont «intervenus auprès des autorités tchadiennes pour souligner leur qualité de journalistes et leur demander de prendre en compte cette qualité dans les décisions qui seraient prises». «Le président Deby nous a fait savoir qu'il avait bien reçu le message» et qu'il était «tout à fait conscient de la nature particulière de l'activité des journalistes. Dans la mesure où ils étaient là en exerçant leurs activités de journalistes, ils doivent être traités comme tels».
De son côté, le conseiller spécial du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, Eric Chevalier, a estimé sur RTL que les autorités tchadiennes «finiront par accepter» que les personnes exerçant une activité journalistique ne soient pas «traitées de la même façon» que les responsables de l'opération.