MEDIAS – Les réactions à la diffusion du portrait de «Sarko l’Américain» diffusé dimanche soir sur la chaîne américaine CBS...
Sur le Net, on ne parle que de cela. Du portrait de Nicolas Sarkozy intitulé «Sarko l’Américain» diffusé dimanche soir sur la chaîne américaine CBS dans l’émission «60 minutes». La
bande-annonce a circulé tout le week-end, montrant un président de la République furieux après que la journaliste lui a posé une question sur son couple (l’enregistrement de l’interview a eu lieu avant l’annonce officielle de leur divorce).
Pressentant le buzz autour de ces images la rédaction de «60 minutes» aurait hésité à les diffuser par peur d’un «incident diplomatique», a expliqué Laurence Haïm, correspondante pour Canal + aux Etats-Unis. Selon cette dernière, Nicolas Sarkozy prenait des cours d'anglais depuis plusieurs semaines pour assurer cette interview.
Une bande-annonce plus croustillante que le reportage
La bande-annonce, axée sur la séquence choc de Nicolas Sarkozy se levant et retirant son micro, laissant son intervieweuse en plan, est-elle survendeuse? Oui, répond
le site «Arrêt sur images». «Comme d'habitude pourtant, le film ne tient pas les promesses de la bande-annonce. ( …) Le reportage de l'émission "culte" 60 Minutes n'est constitué que d'une compilation d'images déjà vues sur les chaînes françaises, et de formules et de clichés ramassés par la journaliste dans les medias traditionnels français (sur le "dynamisme", "l'énergie", la "volonté de réforme" du président français etc).»
De l'art d'anticiper (ou pas) ses réponses
Corine Lesnes, reporter pour «Le Monde» aux Etats-Unis, raconte
sur son blog que les Américains s’étonnent que Nicolas Sarkozy n’ait pas préparé une réponse toute faite aux questions sur sa vie privée, genre «je souhaite bonne chance à Cécilia» ou toute autre formule sans conséquence.
Sur le blog de Jérôme, ancien expatrié français aux USA, le son de cloche est le même. «Si Sarko croit que ses envolées grandiloquentes sur son amour des US va le protéger des questions sur sa vie privée, il se met le doigt dans l’œil. Il n’est pas en France, là-bas. Cela montre clairement qu’il ne connaît pas ce pays, comme il le prétend. Au contraire, un simple commentaire expliquant combien cette situation personnelle est difficile mais qu’il doit à son pays de s’accrocher pour traverser cette épreuve. Cela passerait alors en boucle partout : “Regardez ce pauvre président qui doit supporter une telle épreuve, etc.”»
La question qui fâche
Avant Nicolas Sarkozy, d’autres présidents ont quitté des plateaux de télé, fous de rage que les journalistes aient posé la question qui fâche. En 2006, un
Silvio Berlusconi exaspéré
lance «vous devriez avoir un peu honte» à la journaliste Lucia Annunziata, ancienne présidente de la RAI connue pour son engagement à gauche, sur le plateau de RAI Tre.
Et en 1993,
François Mitterrand avait lui aussi
mis fin à une interview quand une équipe belge de la RTFB l’interrogeait sur les écoutes de l'Elysée.
AA