Grenelle: ce que ça va changer pour votre vie quotidienne
Créé le 26.10.07 à 17h39
Mis à jour le 26.10.07 à 18h04
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Barroso, Al Gore, Hulot, Borloo, Sarkozy et l'avocate kenyane Wangari Maathai le 25 novembre 2007 au Grenelle de l'environnement à Paris/Olivier Laban-Mattei AFP
GRENELLE - Taxes, transports, alimentation, logement, les décisions du Grenelle auront un fort impact... Décryptage.
Pour le citoyen, difficile de se retrouver dans la jungle des décisions qui ont été prises durant ces deux derniers jours lors du Grenelle de l’environnement. Compte tenu de l’ampleur des enjeux, qui concernent tous les domaines de notre vie quotidienne, on imaginera sans mal que la révolution verte annoncée ne se fera pas du jour au lendemain.
Parce qu’il s’agit d’une mécanique complexe, notamment sur le plan fiscal, et parce que nombre de décisions (notamment la taxe carbone) ne peuvent être prises sans concertation avec le reste de l’Europe.
Nombre de sujets continuent d’ailleurs à être étudiés et nous en saurons plus à la mi-décembre, quand les commissions créées auront avancé. Globalement, le consommateur devrait à terme avoir tout à gagner s’il privilégie les produits et services respectueux de l’environnement. L’Etat ne souhaite pas, en effet, amputer le pouvoir d’achat des consommateurs. Reste à savoir quelles décisions prendra le Parlement dans les mois à venir et comment seront financées ces transformations pharaoniques…
Quelles taxes ?
• Une taxe écologique (l’écopastille) probablement annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants vise à financer une prime à la casse pour inciter à l’achat d’un véhicule propre. Mais on ne connaît pas encore vraiment ses modalités (montant, seuils de pollution ?).
• La création d’une contribution climat-énergie (= taxe carbone, sorte d’impôt sur les énergies fossiles comme le fuel, l’essence, le charbon, responsables du réchauffement climatique…) reste à l’étude (par exemple, 1 centime sur le litre de carburant). Elle serait compensée par un allègement des cotisations (des employeurs et des salariés) et ce dans le cadre d’une remise à plat de la fiscalité en France prévue au printemps prochain. L’objectif est de nous pousser à ne plus avoir recours à ces énergies émettrices de CO2 en augmentant leur prix progressivement.
• Une TVA à taux réduit sera créée sur tous les produits écologiques qui respectent le climat et la biodiversité.
• La possibilité de taxer les produits issus de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto va être étudiée au niveau européen, dans les six mois.
• Pas de chance pour les routiers : ils devront dès 2010 payer une écoredevance kilométrique en dehors des autoroutes.
Alimentation
• OGM: la culture commerciale du maïs génétiquement modifié (le fameux Mon 810 de Monsanto, cultivé en France sur 20 000 ha) est suspendue en attendant une expertise plus poussée et une loi enfin claire sur cette question, prévue en janvier.
• Les cultures bio vont être multipliées par trois d’ici à 2012 et par 10 d’ici à 2020 (soit 20 % des surfaces cultivées au final) et la restauration collective devra proposer un repas bio par semaine.
Mais avec quels moyens ? On peut espérer que l’augmentation de la production s’accompagne d’une baisse des prix…
• L’agriculture conventionnelle devra avoir moins recours aux pesticides (moitié moins si possible dans les dix ans à venir), mais encore faut-il qu’elle trouve des alternatives à ces traitements sans plomber sa productivité…
Bâtiment
Du gros œuvre en perspective ! Environ 30 millions de logements anciens vont être rénovés (soit 400.000 par an) selon de nouvelles normes (interdiction du simple vitrage en 2010, meilleure isolation, mise en place de panneaux solaires…), avec priorité sur 800.000 logements sociaux, ce qui devrait créer au moins 100.000 emplois dans ce secteur.
L’objectif est ambitieux : en 2020 (voire 2012 pour le neuf en basse consommation), tous les bâtiments devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment (énergie positive) ou, du moins, ne pas en consommer (énergie passive). Ce qui revient à supprimer la facture énergétique du foyer !
Pour financer ces travaux, des crédits d’impôts et des prêts spéciaux sont envisagés (prêt à taux 0 vert ?), qui sont censés coûter moins cher aux propriétaires que les économies d’énergie réalisées au final.
Encore faut-il avoir les moyens d’investir au départ (on estime le coût par foyer de cette rénovation thermique entre 15.000 et 20.000 euros par foyer). Cela augmenterait de 1 % le prix à l’achat. Mais quid de la répercussion des gains sur les locataires ? Quant aux artisans, ils vont devoir être formés à ces nouvelles techniques. Il y a du boulot !
Transport
• Les grandes agglomérations de province vont être désengorgées par l’amélioration des transports publics et de leurs correspondances (1.500 km de lignes de tramway ou de bus protégées en plus sur dix ans).
• 2.000 lignes à grande vitesse en plus d’ici à 2020.
• Les vols intérieurs seront taxés s’il existe une alternative en TGV.
• Possibilité pour les villes de créer des péages urbains, de faire des couloirs dédiés au covoiturage, ou d’expérimenter ces processus.
• Moins de camions sur les routes avec le développement d’autoroutes ferroviaires, qui permettront de les mettre sur des trains et devraient diminuer leur trafic sur les routes de moitié d’ici à 2020.
Energie
• Tous les appareils seront dotés de l’étiquette énergie (réservée actuellement à l’électroménager).
• Les produits de la grande distribution afficheront leur «prix écologique» (qui intègre leur coût environnemental) à côté de leur prix réel. Pour l’heure, seule l’enseigne Casino a commencé ce fastidieux étiquetage, qui apparaîtra timidement l’an prochain.
• Interdiction des lampes à incandescence en 2010 au profit de lampes à basse consommation et LED.
Santé
Beaucoup de bonnes intentions. Moins de bruit d’ici 5 à 7 ans, moins de particules fines dans l’air (surtout issues du diesel), moins de produits toxiques dans notre air intérieur, meilleur suivi des maladies respiratoires, des cancers…, une meilleure information sur les nanoparticules présentes dans les lieux publics…
Gouvernance écologique
Une plus grande transparence en général dans les prises de décisions (avec la prise en compte de l’avis des ONG).
Catherine LEVESQUE
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