La France était-elle au courant des projets de l'association l'Arche de Zoé? Oui, mais elle a tout fait pour l'en empêcher, selon la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'homme, Rama Yade. «On a fait tout ce qu'on avait à faire pour interdire, pour empêcher cette opération. Après, ils l'ont menée de manière clandestine, sans avoir prévenu personne, sans l'aval des autorités», a-t-elle déclaré vendredi soir à France 2. «Halte là»
«On a saisi la justice pour l'alerter sur cette situation, le ministère de l'Intérieur, de l'Immigration, les préfets, etc.», a ajouté la secrétaire d'Etat. «Tout a été fait au niveau du Quai d'Orsay pour les prévenir. Ils n'ont pas écouté et ils ont monté cette opération illégale et irresponsable», a-t-elle ajouté dans un autre entretien télévisé accordé à France 3. Durant l'été, le ministère des Affaires étrangères «s'est manifesté pour leur dire "halte là". Moi-même j'avais fait recevoir le président de cette association au Quai d'Orsay pour qu'il s'explique. On n'a eu aucune information claire et plausible. A partir de là on lui a fortement déconseillé de monter cette opération», selon elle.
Enfants orphelins?
La plupart des 103 enfants qu'une association française a tenté jeudi d'évacuer du Tchad vers la France ne semblent pas être orphelins, a déclaré vendredi le président d'Unicef France.
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«Ils ont en moyenne 4-5 ans, ils sont un peu choqués, évidemment», a précisé sur France 2 Jacques Hintzy. «Ceci étant les premiers entretiens qu'on a eus avec ces enfants, et ce n'est pas très facile avec des enfants qui ont cet âge-là, laissent supposer qu'il y a peu d'orphelins dans cette population d'une centaine d'enfants», a-t-il précisé.
«On va aller sur le terrain, on va aller dans la région d'Adré (à la frontière tchado-soudanaise, NDLR), il se trouve qu'ils proviennent tous à peu près de la même région, et puis on va interroger les responsables, les chefs de tribu, pour essayer de remonter, d'abord pour retrouver leurs familles, beaucoup ont leur famille», a ajouté Jacques Hintzy.
Selon le président tchadien, Idriss Deby Itno, en revanche, aucun doute: «C'est un enlèvement pur et simple des enfants (...) par des ONG dites humanitaires qui sont installées dans notre pays et qui ont trompé la vigilance du Tchad», a-t-il déclaré à la presse à Abéché.
Adoption ou accueil?
S'agissant de l'opération de l'association, le président d'Unicef s'est dit «partagé entre l'inconscience et l'escroquerie car quand je reprends les documents du 7 mai de l'Arche de Zoé, ils parlent bien d'adoption».
L'Arche de Zoé, qui affirme avoir voulu «sauver de la mort» des orphelins victimes de la guerre civile dans la province soudanaise du Darfour, récuse le terme d'adoption, juridiquement impraticable, car l'adoption simple ou plénière telle que pratiquée en France n'est pas reconnue au Soudan.
Mais l'association d'adoption Enfance et Familles d'adoption (EFA) a signalé vendredi avoir «alerté» le ministère des Affaires étrangères après avoir reçu en mai des messages sur son forum internet de l'Arche de Zoé, évoquant des «adoptions» possibles d'enfants du Darfour.
Rassemblement à 18h
Les familles qui devaient accueillir les enfants se sont rassemblées vendredi en fin d'après-midi près de l'ambassade du Tchad à Paris pour soutenir les neuf Français arrêtés jeudi au Tchad.
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