INTERVIEW - Eyal Jonas, secrétaire de la CGT Air France, explique les raisons de la grève...
Depuis jeudi,
une grève du personnel navigant d’Air France perturbe le trafic. Eyal Jonas, secrétaire de la CGT Air France, en explique les raisons.
Concrètement, que veut obtenir le personnel navigant?
Aujourd’hui, un steward ou une hôtesse de l’air gagne 1.540 euros brut par mois à l’embauche. Nous voulons que cela soit revalorisé. Le personnel navigant donne de son temps à l’entreprise. Nous nous battons pour que ce soit pris en considération par Air France. Par exemple, quand un steward patiente entre deux vols, il n’est pas payé. Il le fait sur son temps libre. Quand une hôtesse de l’air est d’astreinte, elle ne reçoit aucune prime. Nous voulons que cela change et avoir de meilleures conditions de travail.
Quelle est la situation aujourd’hui ?
Depuis 2003, la productivité est revue à la hausse. Le temps de vol s’est réduit. Avec les nouveaux aménagements dans les avions, le personnel a de moins en moins de place pour travailler. Il y aussi eu une réduction du personnel avec un steward ou une hôtesse de l’air en moins par avion. La charge de travail a pourtant augmenté de 8 à 15 %. La fatigue s’accumule et le personnel n’en peut plus.
Êtes-vous surpris par la mobilisation des employés d’Air France?
C'est historique, c'est le signe qu'il y a vraiment un ras-le-bol général. Cela fait un moment que nous militons pour que les choses changent. Mardi matin, nous avons enfin été reçu par la direction d’Air France. Mais dès que nous avons parlé d’amélioration de salaires, elle n’a rien voulu entendre. La direction nous a même dit d’aller à la grève parce qu’elle ne comptait pas négocier. Aujourd’hui, elle est, elle-même, très surprise par cette mobilisation. Cette grève lui coûte cher. Cet argent aurait pu être utilisé pour les salariés. C’est une situation écoeurante.
Quels sont vos projets pour la suite du mouvement?
Nous n’arrêterons pas cette grève tant qu’Air France ne renégociera pas les salaires du personnel navigant. Une assemblée générale doit se tenir aujourd’hui vendredi pour faire le point. Je pense que le trafic de ce week-end va être encore très perturbé voire quasiment paralysé. Les navigants non grévistes qui ont embarqué jeudi vont être obligé de respecter des plages de repos qui peuvent s'élever à trois jours s'ils ont pris place sur un long-courrier. Donc il y aura
encore moins de personnel disponible.
Propos recueillis par Morgiane Achache