REVUE DE PRESSE - La presse commente le jeu d’équilibriste du Président ce vendredi matin...
Entre la taxe carbone, à l'étude mais non décrétée, et la nécessité de ne pas rogner sur le pouvoir d'achat des Français, la presse française, vendredi, voit Nicolas Sarkozy jouer les équilibristes pour ne froisser personne.
«Partie de billard à plusieurs bandes»
«Nicolas Sarkozy, hier, était dans la situation de l'équilibriste», résume Bernard Le Solleu dans «
Ouest-France» qui précise qu'«il chouchoute les écologistes et se garde de froisser le patronat et le monde agricole.» Et de s'interroger: «Comment financera-t-on cette révolution, alors que les caisses de l'État sont exsangues et que le gouvernement craint, par-dessus tout, de rapetisser le pouvoir d'achat de Français déjà un peu grognons ?»
Dans «
La Tribune», François-Xavier Pietri fait chorus: «L'équation fiscale posée hier par le président ressemble fort à une partie de billard à plusieurs bandes.» Le quotidien économique s'explique: «La fiscalité écologique (...) ne devra pas déboucher sur un accroissement des prélèvements obligatoires» et évoque, comme d'autres, la méthode Sarkozy: «On reconnaît bien là la stratégie chère à Nicolas Sarkozy du donnant-donnant, séduisante dans son principe, mais diablement difficile à mettre en musique.»
«La main vert pâle»
Fabrice Rousselot de «
Libération» n'est pas non plus convaincu par la fibre écologiste du président. «Avant de s'enflammer pour la “révolution” proclamée par le Président, il faut rappeler que la France a un train environnemental de retard sur l'Europe et que Sarkozy lui-même est un croisé de la dernière heure» écrit-il, notant que «sur la taxe carbone surtout, Sarkozy a eu en réalité la main vert pâle».
«Entre écologie et croissance, Nicolas Sarkozy veut choisir les deux !», ironise Hervé Favre dans «
La Voix du Nord». L'éditorialiste rappelle lui aussi que la «fameuse “taxe carbone” -dont Nicolas Hulot a fait l'alpha et l'oméga de toute politique environnementale - est simplement mise à l'étude, ce qui n'engage à rien». «La “taxe climat - énergie” pourrait donc bien connaître le sort de la TVA sociale, cette excellente idée sur le papier pour combattre les délocalisations, mais qui fait fuir l'électeur et a donc de bonnes chances de rester longtemps dans les tiroirs» prédit-il enfin.
«Le zèle du néophyte»
Ils sont plusieurs, tel Marc Chevanche de «
Nice-Matin» à souligner qu'on «ne connaissait pas à Nicolas Sarkozy un intérêt aussi vif pour la cause verte. Le contraste est alors saisissant entre l'engagement authentique mais discret d'un Jacques Chirac et le zèle du néophyte de son successeur.»
Avec AFP