GRENELLE – Le Président a prononcé un discours soutenant les principales propositions émises lors de la table ronde…
Réduction de 50% des pesticides, taxe carbone à l’étude, gel des OGM, principe de précaution… Nicolas Sarkozy veut faire de ce Grenelle un symbole. «Je veux que le Grenelle soit l'acte fondateur d'une nouvelle politique, d'un new deal écologique en France, en Europe, dans le monde»,a-t-il déclaré.
«Vos propositions, je les ferai miennes»
«C’est bien à une révolution que nous invite ce Grenelle de l’environnement», a-t-il déclaré en introduction de son discours. Et d’ajouter, en s’adressant aux participants de la table ronde: «vos propositions, je les ferai miennes. Je les porterai et je les mettrai en oeuvre».
Le Président a repris la plupart des points sur lesquels se sont mis d’accord les participants au Grenelle de l’environnement. Sur les transports, l'idée de l'éco-pastille sur les voitures neuves est retenue. Son produit doit «permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable, pour aider au rachat d'un véhicule propre». L’idée d’une étiquette indiquant le «coût carbone» des produits de consommation a également été reprise par Nicolas Sarkozy.
La taxe carbone remise à plus tard
Il n’a en revanche pas tranché sur la taxe carbone, sujet sur lequel il était pourtant très attendu. «Je suis contre des nouvelles taxes, a-t-il indiqué. Une fiscalité écologique n’a de sens que s’il elle engendre de nouveaux comportements. C’est pourquoi je propose de taxer davantage les productions et taxer moins le travail.» Il s’est néanmoins engagé à étudier «la création d'une taxe climat-énergie (la taxe carbone, ndlr) en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail», dans le cadre d'une remise à plat de la fiscalité en France envisagée au printemps 2008.
Le chef de l'Etat a en outre appelé à «étudier» au niveau européen, «dans les six mois», «la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto», interpellant le président de la Commission européenne présent dans la salle, José Manuel Barroso.
Pesticides et OGM
Autre sujet controversé renvoyé à plus tard : les pesticides. Jeudi matin, la table-ronde du Grenelle avait décidé de les réduire de moitié, mais sans calendrier. Une mesure creuse pour beaucoup d’écologistes. Nicolas Sarkozy «demande au ministre de l'Agriculture Michel Barnier de proposer avant un an, un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent». Pour atteindre cet objectif, le chef de l'Etat a promis «d'accélérer la mise au point de substances de substitution», jugeant «urgent de renforcer la recherche publique».
Sur les OGM, le chef de l’Etat a souhaité «que la culture commerciale des OGM soit suspendue. Ceci en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une instance qui sera créée avant la fin de l'année». Il a ainsi a défendu le «principe de précaution», contesté par les travaux de la Commission Attali sur la croissance, expliquant qu'il devait «être interprété comme un principe de responsabilité» notamment pour les auteurs de pollutions.
Enfin, il a annoncé un programme de recherche doté d'un milliard d'euros sur quatre ans «pour les énergies et les moteurs du futur, la biodiversité et la santé environnementale».
Sandrine Cochard