SANTE - Les associations attirent l’attention sur le sort des malades atteints d’affection de longue durée...
Si elles n’ont pas mobilisé, comme les tests ADN,
un Zénith entier contre elles, les franchises médicales ont elles aussi leurs détracteurs. Qui se sont rassemblés dans un
Collectif national, majoritairement composé d’associations de défense des malades atteints d’affection de longue durée (ALD), comme le sida.
Restes à charge
«Les 50 euros de plus par an (le plafond des franchises par an et par assuré, NDLR), c’est la goutte de trop pour certains», déplore Anthony Gouas, représentant d’Aides au sein du collectif. Il rappelle que dans le cas des ALD, «il n’y a jamais de prise en charge à 100%, de nombreux médicaments voués à soulager les effets secondaires du traitement n’étant pas remboursés». Et de citer «certains anti-dépresseurs ou anti-diarrhéiques» pour les personnes séropositives. «Ces médicaments sont pourtant essentiels pour poursuivre le traitement», souligne-t-il.
Selon Aides, 400 à 450 euros par an restent ainsi à la charge des malades.
Le rapport sur le bouclier sanitaire de Raoul Briet faisait état, lui, de plus de 500 euros en moyenne.
Or, une partie des malades chroniques finit souvent par ne plus travailler ou avoir une activité à temps partiel, limitant leurs revenus. Mais, remarque Anthony Gouas, «ils gagnent parfois trop pour bénéficier de la couverture médicale universelle», dont le plafond est fixé à 598,23 euros. Les bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés («un quart des séropositifs suivis par Aides») perçoivent en effet 621 euros par mois. La pension d’invalidité varie quant à elle en fonction des revenus.
15 millions de personnes exonérées
«Depuis deux ou trois ans, les associations consacrent de plus en plus d’argent au financement des mutuelles de leurs adhérents», souligne encore Anthony Gouas. Aides confie ainsi mener un gros travail d’interpellation auprès des parlementaires. Qui semble payer. «Deux députés de droite, Jean-Luc Préel (NC) et Gérard Gaudron (UMP), ont estimé qu’il était opportun d’exonérer les ALD de ces franchises». Pour l’instant, seules les familles aux revenus les plus modestes (bénéficiaires de la CMU), les enfants et les femmes enceintes en seront dispensées, soit 15 millions de personnes.
Catherine Fournier