INTERVIEW - André Cicollela, chercheur en santé environnementale, dénonce les franchises médicales...
André Cicollela, chercheur en santé environnementale, hostile aux franchises médicales appelle à une remise à plat de notre système de santé.
Les députés sont en train d’examiner le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui comprend notamment les franchises médicales. Que pensez-vous de cette mesure?
C’est une stratégie qui consiste à détricoter notre système d’assurance-maladie pour rompre avec le système de solidarité et s’orienter vers un modèle à l’américaine, avec des assurances privées.
L’argument selon lequel ces franchises permettront d’économiser 850 millions d’euros ne vous convainc pas?
Non, cela ne réglera rien sur le plan financier, bien au contraire. Les personnes les plus démunies vont attendre encore plus avant d’aller consulter un médecin et se faire prescrire des médicaments. Résultat, elles auront accès aux soins une fois leur état aggravé, ce qui coûtera bien plus cher au final à la Sécurité sociale.
Que préconiseriez-vous, alors, pour en finir avec la spirale déficitaire de l’assurance-maladie?
Une remise à plat totale. Je plaide pour un «Grenelle» de la santé qui mettrait, comme pour l’environnement, l’accent sur la prévention. Les cancers ont augmenté de 63% en 20 ans, le diabète de 50% en 10 ans. Le coût de cette pathologie a doublé en cinq ans. Il n’y a pas de doute, l’environnement et notre mode de vie ont une incidence considérable sur notre santé et donc sur les dépenses de protection sociale.
Propos recueillis par Catherine Fournier