ROUTE - Un rapport officiel datant de 2006 met en évidence...
Attention radar... défectueux. Un rapport officiel de 2006 met en évidence d'importantes «erreurs de mesure» des radars de vitesse fixes ou embarqués, selon l'hebdomadaire «Auto Plus» à paraître ce mardi. Or, qui dit «erreurs de mesure» dit risques de PV injustifiés. De quoi augmenter la grogne des conducteurs à l’égard d’appareils de plus en plus nombreux le long des routes .
Mauvais positionnement
Le ministère de l’Intérieur a confirmé mardi l’existence de ce rapport, réalisé en février 2006 par le secrétariat général de l'administration de la police de la préfecture (SGAP) de la zone de défense est (Metz). Une étude avait ensuite été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avant d’être expertisée par à la Direction de projet interministériel pour le contrôle automatisé (DPICA).
Mais pour le ministère de l'Intérieur, s'il y a bien bien rapport, il n'y a pas de mauvais fonctionnement des radars. «Il n'y a pas de cas d'erreur constaté»,
répond le ministère qui précise dans un communiqué que «toutes les garanties sont donc réunies pour qu'aucune erreur matérielle ou humaine ne se produise dans la constatation de la vitesse.» A la DPICA, on précise que si les radars étaient mal placés, ils ne pourraient pas flasher les automobilistes.
Selon l'étude, si l'angle du radar par rapport à l'axe de la route n'est pas conforme, la vitesse relevée n'est pas exacte. Le ministère précise toutefois qu’en ce qui concerne les radars embarqués dans un véhicule, un jalon permet de le positionner selon l'angle requis, et une butée sur le radar assure qu'il soit bien orienté à 25°.
Si tel n’est pas le cas, la marge d’erreur peut être importante. «Une variation de trois degrés par rapport à l'angle optimal entraîne une marge d'erreur de 10 à 13% (contre 5% autorisés par la loi)», explique mardi L’Automobile Club d’Alsace. Soit un écart de 9 à près de 12 km/h pour une vitesse de 90 km/h sur une rocade, précise le Figaro.fr.
«Ravages de la politique des résultats»
L’Automobile Club d’Alsace demande une enquête officielle et un moratoire sur les amendes et la constatation des infractions routières. «C'est une affaire très grave, car il s'agit de libertés publiques», a déclaré mardi à l'AFP Roger Braun, directeur général de l'association routière qui couvre 40 départements dont l'Ile-de-France et la région lyonnaise.
Le Syndicat général de la police (SGP-FO) a quant à lui dénoncé, mardi, «les ravages de la politique dite de résultats». «Si ces informations se révèlent exactes», le SGP-FO «s'étonne que l'administration n'ait pas réglé ce problème qu'elle connaissait depuis au moins trois ans (...) qui a pour conséquence éventuelle de mettre les fonctionnaires de police en porte-à-faux».
350 millions d'euros d'amende
Le total des produits des amendes générés par les radars s'est élevé à près de 350 millions d'euros en 2006. A la fin de l'année, 2.000 radars (deux tiers fixes et un tiers mobiles) seront en service sur les routes en France.
Avec AFP