REVUE DE PRESSE – Les journaux français choisissent leur camp…
Grève massive ou divorce présidentiel? Bon nombre d'éditorialistes de la presse française ont «choisi leur camp» vendredi, en décidant de traiter l'un ou l'autre sujet d’actualité de jeudi.
Une grève majeure...
Parmi les quotidiens nationaux, c'est la grève et la réforme des régimes spéciaux qui remportent les suffrages des éditorialistes. «
Le Monde» invite Nicolas Sarkozy à «agir avec souplesse dans les négociations d'entreprise», alors que Nicolas Barré, dans «
Le Figaro», affirme qu'un «large consensus s'est formé pour mettre fin à cet héritage de l'histoire».
«
Libération», qui a laissé la place à des historiens pour traiter l’actualité, voit dans le 18 octobre le jour où «la magie Sarkozy a cessé d'opérer». C’est sous la plume de Jacques Julliard. Michel Guilloux, dans «
L'Humanité», veut y voir quant à lui «le début d'une riposte aux mauvais coups qui s'accumulent». Le divorce est relégué au second plan.
...presque éclipsée par le divorce présidentiel
Dans la presse nationale, seule «La Croix», avec Dominique Quinio, fait le choix d'aborder le divorce des Sarkozy, pour souligner que «l'acharnement médiatique accompagnant chacun de leurs faits et gestes est à la hauteur de la mise en scène, par eux-mêmes, de leur intimité».
Les éditorialistes sont quasi unanimes pour estimer que le divorce présidentiel appartient à la sphère publique, voire politique. Denis Daumin écrit ainsi dans « La Nouvelle République du Centre-Ouest» que «ce contentieux prétendument privé a incontestablement épousé les contours ces dernières heures d'un dossier public, sinon d'une affaire d'Etat».
Francis Brochet, dans «le Progrès» est tout aussi clair: «Et qu'on ne nous parle pas de drame privé: quand on a fait la publicité du bonheur d'un couple, on ne peut fermer la porte sur ses malheurs».
Une date pas anodine
D'autres s'interrogent sur la «troublante» simultanéité des deux événements de jeudi, à savoir le divorce présidentiel et la grève nationale. «On ne peut pas exclure l'instrumentalisation de la rupture», affirme tout de go Daniel Ruiz dans La Montagne. «C'est bien joué», estime Patrick Fluckiger dans «L'Alsace», tandis que pour Jacques Camus de «La République du Centre», l'annonce du divorce a «brisé la grève».
Certains restent cependant plus prudents, comme Francis Lachat du «Courrier Picard»: «De là à dire que choisir d'annoncer ce divorce le jour même de la grande grève n'avait rien d'innocent, c'est un pas que le parti socialiste n'a pas hésité à franchir, au risque de se tromper».
Avec AFP