Les Sarkozy avaient-ils déjà décidé de se séparer avant le 6 mai?

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Publié le 18 octobre 2007.

POLITIQUE - Alors que l’annonce officielle n’intervient qu’aujourd’hui...

Il aura fallu plus de quinze jours à l’Elysée pour officialiser la rupture. Et seulement un jour au juge pour prononcer le divorce. Alors que les rumeurs sur la séparation du couple Nicolas-Cécilia avaient repris de plus belle depuis début octobre, le communiqué leur donnant raison n’est tombé que ce jeudi 18 octobre, jour de grève nationale. Et ce, après de multiples refus de «commenter» l’affaire.

«Depuis plusieurs mois»

«L’affaire» en question semble pourtant remonter à bien plus longtemps. «Plusieurs mois» si l’on en croit «Le Monde», qui révèle jeudi qu’«à la demande répétée de Cécilia Sarkozy pendant la campagne électorale, maître Georges Kiejman avait rédigé un projet de divorce mettant fin aux onze ans de mariage du couple». Cette «convention de divorce» était-elle prête avant l’élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier ? La question mérite d’être posée.

Car si Cécilia Sarkozy était plutôt en retrait, voire carrément absente, pendant la campagne électorale - en comparaison à son exposition médiatique et son investissement politique auprès de son mari avant la crise de 2005 -, c’est bien un homme marié qui a été élu ce soir-là. Le candidat avait même déclaré le 12 avril 2007: «Si je suis élu, ma femme jouera un rôle, c'est évident». «On a passé des années à me reprocher d'exposer ma famille. Maintenant, on me demande pourquoi je ne l'expose pas».

Selon «Le Monde», certains proches du chef de l'Etat expliquent ce mutisme volontaire d'un président pourtant jusqu'ici rompu aux médias, par sa volonté de tenter encore d'empêcher un divorce définitif.

Isabelle Balkany, proche du couple, a quant à elle expliqué à «20 Minutes» que le poids de la politique « n’est pas la prinicipale explication à la fin d’une histoire de vingt ans» mais que «le fait d’avoir été Première dame de France» a pesé sur les épaules de Cécilia Sarkozy et sur le couple». Et de pointer «le traumatisme qu’a représentée la polémique sur les infirmières bulgares. On avait évoqué l’idée qu’elle avait été bouleversée par la polémique. On est bien en dessous de la vérité.»

Discours sur la solitude

Alors stratégie ou tergiversations sentimentales? Mercredi, devant le Conseil économique et social, le président a en tout cas eu cette phrase étrange, alors qu’il discourait sur la pauvreté : «La solitude poisseuse, celle qui oppresse, celle qui naît de la privation de l'écoute, du soutien, du regard de l'autre, celle qui fait oublier le sentiment d'aimer et d'être aimé». Ce n’est pas la première fois que les allusions à sa vie privée tiennent une place dans un discours publique: lors de son intronisation à la candidature UMP le 14 janvier 2007, le futur chef de l’Etat avait expliqué qu’on ne pouvait «pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n’a pas souffert soi-même. J’ai connu l'échec, et j'ai dû le surmonter.» «Cette part d’humanité, ajoutait le candidat UMP devant plusieurs milliers de partisans, je l’ai enfouie en moi parce que j’ai longtemps pensé que pour être fort il ne fallait pas montrer ses faiblesses. Aujourd’hui j’ai compris que ce sont les faiblesses, les peines, les échecs qui rendent plus fort. Qu’ils sont les compagnons de celui qui veut aller loin.»
C. F.
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