La CDC accuse Lagardère de ne pas l'avoir bien informée

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Publié le 10 octobre 2007.

EADS - Les auditions des responsables de la Caisse des dépôts et consignations se poursuivent mercredi devant le Sénat...

Après l’Assemblée, les responsables de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) doivent mercredi s’expliquer devant le Sénat. Si leur audition, mardi, n’a pas permis de préciser le rôle de l'Etat dans l’affaire EADS, le directeur financier de la CDC, Dominique Marcel, a exprimé mercredi de sérieux doutes sur l'information fournie aux marchés par le groupe EADS dans la période précédant l'annonce de graves difficultés qui ont fait plonger son action en juin 2006.

Titre recommandé par des banques

«Nous nous interrogeons très sérieusement sur la qualité de l'information fournie aux marchés par EADS», a déclaré le numéro 2 de la CDC, lors de son audition par la commission des Finances du Sénat, sans préciser à quelle information il faisait référence. Quelques mois avant l'annonce par le groupe aéronautique de très gros retards dans le programme A380, deux banques d'affaires avaient émis des recommandations favorables à EADS.

Le 22 mars 2006, Morgan Stanley avait recommandé l'achat du titre s'appuyant sur la perspective de «quelques grands contrats ou un lancement avec succès de l'A380» qui «pourraient augmenter la valorisation d'Airbus». Le 27 mars, la banque Merrill Lynch, qui conseillait de vendre auparavant, se montrait plus positive sur les perspectives du groupe. La CDC a finalisé l'acquisition d'une partie des titres d'EADS cédés par le groupe privé Lagardère le 12 avril 2006. Deux mois plus tard, le cours de l'action dévissait en Bourse après l'annonce de nouveaux retards dans le programme de l'A380.

Procès-verbal manquant

Dominique Marcel a notamment assuré que la CDC n'avait pas eu connaissance d'un procès-verbal du conseil d'administration de la Sogeade, holding rassemblant les participations de Lagardère et de l'Etat français dans EADS, qui indiquait dès le 3 avril 2006 qu'EADS et sa filiale Airbus entraient «dans une phase plus agitée».

La réunion du 3 avril visait notamment à ce que la Sogeade puisse «purger» les droits de préemption par l'Etat français des titres vendus par Lagardère. «L'Etat n'a jamais autorisé la Caisse en tant que telle, mais l'opération telle que nous la connaissons avait été vue par les pouvoirs publics», qui avaient pris les décisions nécessaires à ce que la cession de titres par Lagardère puisse se réaliser, a-t-il affirmé. «Depuis ma nomination en novembre 2003, je n'ai jamais reçu d'instruction de l'Etat, du Trésor, me disant "il faut que la Caisse prenne tant de pourcentage du capital de telle entreprise", a ajouté le numéro 2 de la CDC.

En réponse à une question du rapporteur général de la commission des Finances, l'UMP Philippe Marini, Dominique Marcel a toutefois reconnu que la CDC avait participé en 2004 au «sauvetage» d'Alstom, non seulement sur instruction de l'Etat mais aussi «sur orientations de l'Etat» et avec sa garantie. Mais selon lui, les deux opérations ne sont pas comparables car le sauvetage d'Alstom ne s'est pas fait sur ses fonds propres.
Sa. C. avec AFP
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