Quelle sécurité dans les musées?

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Publié le 8 octobre 2007.

CULTURE – Au lendemain d’un coup de poing dans un Monet, la question se pose...

Après la déchirure de 10 centimètres sur un tableau de Monet («Le Pont d’Argenteuil») survenue dans la nuit de samedi au musée d’Orsay, à Paris, on s’interroge sur la sécurité des œuvres exposées (il y en a 80.000 à Orsay).

Outre les vols, un rien peut abîmer une pièce de maître. Un biberon qui gicle, un faux-pas qui se termine en gadin (un lycéen avait fait un trou en glissant sur «Le déjeuner sur l'herbe» de Manet), une passionnée qui pose ses lèvres pleine de rouge sur la toile blanche de l'Américain Cy Twombly.

Les «musées ne sont pas des banques», explique-t-on au musée d'Orsay. «Une sécurité à 100% n'est pas possible, malgré le renforcement de toutes les mesures, s'il est encore possible de les renforcer». Déjà au programme: puces électroniques, détecteurs de métaux, des rondes de jour comme de nuit, intérieures et extérieures, des caméras de surveillance (lesquelles ont permis de repérer le groupe de quatre garçons et d’une fille responsables du vandalisme sur la toile de Monet) et un effectif de 200 agents de sécurité et de surveillance sur un effectif total de 600 salariés.

Mission sécurité
Au-delà de l’affaire du Monet, sur laquelle le musée d’Orsay «ne veut pas communiquer, pour ne pas empêcher l’enquête en cours», la direction des musées de France, sous l’égide du ministère de la Culture et de la communication, a mis en place une «mission sécurité» dès les années 90. Constituée d’officiers des Pompiers de Paris et d’un cadre de la police nationale détaché du ministère de l’Intérieur, cette mission conseille les musées en matière de sécurité «dans le domaine de la lutte contre l'incendie, le vol et les dégradations volontaires et involontaires».

La direction des musées de France insiste sur quatre axes: la «dissuasion (inciter à renoncer à l’acte), la prévention (empêcher d’entreprendre l’acte), la détection (déceler tout acte intentionnel ou non en cours d’exécution) et la réparation (faciliter la récupération des oeuvres et l’interpellation des auteurs)».

Au final, les vols d'oeuvres sont rares mais spectaculaires. Le 5 août, plusieurs hommes cagoulés et armés ont braqué le personnel du musée des Beaux-Arts de Nice pour s'emparer de deux Bruegel, un Sisley et un Monet. Mais le vol le plus grandiloquent est celui de 118 toiles de Picasso, le 31 janvier 1976 au musée du Palais des papes à Avignon. Toutes ont été retrouvées depuis.

L'état des serrures
Faut-il «attendre que la célèbre Joconde soit elle aussi déchirée sur 10 centimètres avant que Madame Albanel se décide à faire vérifier l'état des serrures de ses musées?», s'interroge Patrick Bloche, le député en charge de la culture au sein du groupe PS de l'Assemblée nationale. «Pourquoi prévenir quand on peut punir?», a-t-il encore lancé lundi. Allusion à ce qu'a dit la ministre de la culture dimanche. Elle a annoncé voir saisi la garde des Sceaux Rachida Dati afin «d'étudier la possibilité d'adapter à la spécificité de la délinquance touchant les biens culturels, des dispositions du Code Civil relatives au vol, au recel et à l'intrusion».
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