Samedi soir, il est 21 h 46 à Cardiff, une heure de plus à Paris. Le Millennium Stadium explose. La France vient de terrasser l'ogre néo-zélandais. Et de se qualifier pour les quarts de finale de « son » Mondial. Pour s'offrir le droit d'affronter l'Angleterre, samedi prochain à Saint-Denis, les Bleus ont réalisé un authentique exploit. Celui de venir à bout des favoris de cette sixième Coupe du monde. Celui de mettre un terme à une série de huit défaites de rang face aux Blacks. Dans l'histoire du rugby hexagonal, il y eut la demi-finale 1999. Il y aura désormais le quart de l'édition 2007.
Dans une enceinte pleine à craquer, les Français ont livré un combat âpre. Rapidement privés de Serge Betsen, K. O. après cinq minutes, les hommes de Bernard Laporte étaient menés 13-0 à la 31e. Mais ils n'ont pas abdiqué. Une pénalité de Lionel Beauxis redonnait espoir à la France avant la pause (13-3, 40e). Réduits à quatorze après l'expulsion temporaire de Luke McAllister, les Blacks cédaient sur un mouvement d'école conclu par Thierry Dusautoir (13-13, 55e). Et après un essai en force de Rodney So'Oialo (18-13, 63e), l'entrée en jeu de Frédéric Michalak redonnait du peps au XV de France. D'une accélération fulgurante, le futur joueur des Natal Sharks, en Afrique du Sud, donnait à Jauzion qui aplatissait. Elissalde transformait (18-20, 69e). Recroquevillés en défense, les Français, héroïques, contenaient alors la furia néo-zélandaise. Dans le stade, la sono pouvait cracher du Michel Polnareff. « On ira tous au paradis, on ira... »