Voilà du grain à moudre pour les milliers de riverains opposés à la présence d'incinérateurs de déchets près de leurs logements. Un groupe de médecins et de scientifiques, composé notamment du cancérologue Dominique Belpomme, vient de remettre aux ministères de l'Ecologie et de l'Intérieur un rapport accablant sur les effets de l'incinération sur la santé. Les auteurs de ce document, publié hier par l'AFP, en concluent que la seule solution raisonnable est de prononcer un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs. Ils espèrent fermement que cette décision sera prise lors du Grenelle de l'environnement, à la fin octobre à Paris. « Attention à ne pas refaire l'erreur de l'amiante », préviennent les experts, conscients que l'option du moratoire n'est pas dans l'air du temps.
La lecture détaillée du rapport fera peut-être changer certains d'avis. L'incinérateur est « un brûlot géant duquel s'échappent de très nombreuses substances toxiques », peut-on y lire. Les risques encourus sont énormes pour l'environnement, et donc pour l'homme. Le rapport parle de cancers, de malformations congénitales et de dysfonctionnements de la reproduction.
La France est le deuxième pays du monde le plus équipé en incinérateurs d'ordures ménagères par habitant. Selon Greenpeace, il en existe 125 en activité dans le pays, et quatorze en projet. Des manifestations sont prévues demain par des collectifs de médecins dans plusieurs villes de France.