IMMIGRATION - L’association sort son rapport annuel sur les centres de rétentions…
Ce n’est pas un hasard si
la Cimade publie son rapport annuel jeudi, à l’heure où le Parlement adopte
le projet de loi sur l’immigration de Brice Hortefeux. «Ce rapport est l’occasion pour les parlementaires et le grand public de voir les conséquences d’une telle politique», explique Damien Nantes, responsable du service Défense des étrangers reconduits de la Cimade.
Retrouvez l’intégralité du rapport ici
Dans le collimateur de l’association, créée en 1939, et présente depuis 1985 dans les centres de rétention, « les effets dramatiques de la politique du chiffre» initiée par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. «Les fameux 25.000 reconduites à la frontière, cela nous paraît contestable sur le plan éthique. Ce chiffre n’est basé sur rien. On a le sentiment d’une politique d’affichage.»
La Cimade a choisi d’illustrer «l’absurdité de cette politique» par la description des conditions de plus en plus difficiles de la vie dans les centres de détention, et de «l’industrialisation du traitement» des immigrés: «augmentation du stress, tentatives de suicide, grève de la faim, bagarres». Le rapport raconte notamment l’histoire d’un Algérien, M.A., en France depuis neuf ans, reconduit en Algérie sans avoir eu le droit de clôturer son compte en banque ou même être passé prendre ses affaires, ou celle de Sakina, petite fille de quatre ans qui a passé 32 jours en rétention (le maximum prévu par la loi) avec son père et sa grand-mère, mais sans sa mère, et gardée en rétention malgré une importante mobilisation.
«Réveils citoyens»
L’année 2006, qui fait l’objet du rapport, a pourtant connu d’importantes mobilisations. Mais l’association déplore que ces «réveils citoyens» n’ont pas amené les pouvoirs publics à changer leur fusil d’épaule.
P. K.