Des centaines de familles sans papiers déposent un dossier à la préfecture de Paris

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Publié le 3 octobre 2007.

REPORTAGE – A l'appel du collectif RESF, elles s'étaient réunies sur la parvis de l'Hôtel de Ville…

«Par la présente, je vous demande de bien vouloir m’accorder un rendez-vous en vue de réexaminer ma demande de titre de séjour.» Une lettre type, quelques papiers d’identité, un nom et un matricule. Quelques centaines de familles sans papiers (500 selon les organisateurs, 350 selon la police) étaient réunies devant le parvis de l’Hôtel de Ville ce mercredi, accompagnées de membres du Réseau éducation sans frontières, d’élus ou de parents d’élèves. Le rendez-vous avait été donné par RESF à 13h, en vue de déposer collectivement à la préfecture de Paris des demandes d’examen de dossiers.

«Les familles vivent dans la peur et l’angoisse»

L’association entendait ainsi attirer l’attention sur le sort de 600 familles déboutées de la circulaire Sarkozy en septembre 2006 - 6.924 personnes avaient alors été régularisées sur 30.000 dossiers déposés. Le 13 juin dernier, ces familles déçues avaient déjà sollicité un rendez-vous auprès de la préfecture pour faire valoir leurs droits.

Fin juillet, RESF avait obtenu du Préfet, Michel Gaudin, une garantie de réexamen de ces dossiers. Depuis, pas de nouvelles. «En attendant, les descentes de police dans les restaurants et les ateliers de couture se sont multipliées», rappelle Pierre Cordelier, membre de RESF. Selon lui, 50 personnes ont été interpellées dans la capitale et cinq ont été expulsées. «Les familles vivent dans la peur et dans l’angoisse, elles en ont marre d’attendre une réponse de la préfecture.»

Au milieu des enfants en poussette ou en train de jouer, les parents finissent de remplir leurs dossiers, avec l’aide d’un parent d’élève ou d’un membre RESF. «Notre présence vise surtout à les protéger, car il n’y a rien de pire que l’isolement, témoigne la maman d’une fillette scolarisée à l’école des Trois-Bornes dans le 11e. Pour ce qui est de remplir les demandes de régularisation, ils ont l’habitude.»

Lingda, 33 ans, en est effectivement à sa quatrième demande de titre de séjour. En France depuis quinze ans, ce Chinois travaille dans un atelier de couture et vit dans 18 m2 avec sa femme et ses deux enfants, scolarisés dans le 11e. Marc Daguenet, élu PC, les a aidés à écrire leur lettre au Préfet, même si Lingda parle très bien le français. «Il faut que cesse cette politique des quotas, qui aboutit parfois à des drames», explique le conseiller à la Mairie de Paris, faisant allusion à la mort d’une Chinoise sans papiers le 25 septembre dernier.

Wenhua cumule les «critères» positifs

Wenhua est originaire de la même ville que Lingda, en Chine. Elle aussi en est à sa troisième demande de régularisation. Mère de quatre enfants, dont deux scolarisés à Paris, Wenhua cumule pourtant les «critères» positifs : pédiatre de profession, elle suit un cours de français et s’implique beaucoup en tant que parente d’élèves. Son mari, kinésithérapeute, exerce à domicile, faute de papiers. «Victime d’une arnaque en Chine», il s’est enfui en 2001 «pour éviter de payer des dettes toute sa vie ou être emprisonné». Agé de 11 ans, l’aîné de la famille est toujours en Chine. «Ce serait trop cher ou trop dangereux de le faire venir pour l’instant», déplore Wenhua, qui espère d’abord obtenir une régularisation pour elle et son mari.
Catherine Fournier
Emploi

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