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Michelin veut fermer son usine de Toul en 2009

Le bibendum de Michelin
Le bibendum de Michelin/Joël Saget AFP/Archives

SOCIAL – Le fabricant affirme qu’elle n’est plus compétitive…

Michelin a annoncé mercredi son intention de fermer son usine de Toul (Meurthe-et-Moselle) en 2009, dans un communiqué publié sur son site, mettant en cause sa compétitivité.

Syndicats outrés


Le directeur de l’usine Henri de la Gravière y voit une décision «inéluctable». «Ce n'est pas une décision simple, mais elle était inéluctable. On n'a pas le choix. On a vraiment examiné tout ce qu'on pouvait faire pour ne pas fermer. Depuis 1999, 45 millions d'euros ont été investis dans l'usine pour améliorer sa rentabilité», a-t-il expliqué.

Une version contestée par les syndicats. «La fermeture du site n'est pas inéluctable. Elle n'est pas liée à un manque de rentabilité mais à un manque d'investissement», a affirmé Pierre Kovalski, délégué syndical central CGT. «On préfère aller produire en Pologne, soi-disant pour le marché local. Mais la production de l'usine polonaise a été multipliée par cinq ou six alors que le marché polonais n'a fait que doubler. La différence, c'est Toul qui la paye», selon le syndicaliste.

«Cela fait deux ou trois ans que l'on sait que le site va fermer. La direction est fautive. Ils ont laissé mourir l'usine», s'est indigné Jacques Auxerre, délégué syndical central FO. «Le matériel est le même depuis 1969» et ne permet pas de produire certains pneus, par exemple ceux utilisés aujourd'hui pour les grosses berlines, a observé Bernard Seirolle, ancien délégué syndical CGT, en retraite depuis six ans après 31 ans travaillés à Toul.

826 employés concernés

La fermeture de l’usine concerne 826 employés. « Le Groupe s’engage à tout mettre en oeuvre pour que chaque salarié retrouve un emploi, affirme le communiqué. Deux postes, dans l’une des 16 usines du Groupe Michelin en France, seront systématiquement proposés à chacun», selon le communiqué. Chaque usine ayant ses spécialités, le reclassement des salariés pourrait ne pas leur garantir de retrouver un poste identique. «Les dossiers seront examinés au cas par cas, lors d’entretien avec les salariés,» affirme-t-on à Michelin, joint par téléphone par 20minutes.fr.

Un reclassement également synonyme de déménagement, les usines Michelin étant réparties dans toute la France. «Pour ceux qui souhaiteraient rester dans la région, l’entreprise leur apportera toute l’aide nécessaire pour qu’ils puissent trouver le plus rapidement possible un autre travail ou réaliser un projet professionnel,» affirme le groupe.

Répondant à une question de Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré mercredi, à l'Assemblée, qu'elle «veillerait personnellement» à ce que ces engagements soient tenus.
Sa. C.
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