« En finir avec la guerre froide que se mènent depuis deux cents ans, en France, le monde académique et le monde économique. » Tel est l'espoir formulé hier par Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, lors de la présentation de la première promotion de l'opération Phénix.
Cette initiative a été lancée en février par sept grands groupes (AXA, Coca-Cola, HSBC, PricewaterhouseCoopers, Renault, Siemens, Société générale) qui se sont engagés à recruter en CDI des étudiants diplômés de master recherche (bac + 5), issus des filières généralistes (littéraires, sciences humaines, scientifiques...) des facs partenaires de l'opération*. Après leur recrutement, les étudiants doivent suivre une formation complémentaire pendant trois mois avant de prendre leurs fonctions en entreprise.
Loin d'être une opération philanthropique, ce programme répond à la nécessité pour les entreprises de s'ouvrir à d'autres profils que les diplômés d'écoles de commerce et d'ingénieurs. « Compte tenu du choc démographique, les entreprises auront bientôt plus de mal à se constituer un vivier de candidats », a ainsi souligné Serge Morelli, DRH d'Axa France. La pénurie de compétences s'annonçant notamment pour certains profils de cadres, les entreprises commencent en effet à miser sur la diversité. Du côté des universités, l'opération Phénix est aussi une aubaine : la loi sur l'autonomie votée en juillet leur ayant assigné une mission d'insertion professionnelle des étudiants, Phenix est l'opportunité de nouer des partenariats forts avec les entreprises. Mais reste encore à lever les réticences des étudiants : « Vous vous étiez engagés à recruter 70 diplômés de master, ils sont seulement 37 aujourd'hui devant nous », a ainsi souligné Valérie Pécresse, qualifiant du même coup l'opération de « demi-succès ».