La fin de l'école le samedi matin a sonné. Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, a officiellement annoncé hier sur TF1 que les 3,4 millions d'élèves du primaire n'auront plus à endosser leur cartable le samedi matin, dès la rentrée prochaine. Tout en espérant « étendre le dispositif au collège » à terme.
Un ouf de soulagement pour 80 % des parents qui n'aiment guère cette matinée en sus, selon un sondage paru hier dans Le Petit Quotidien et Le Nouvel Observateur. Finis les week-ends amputés pour le parent séparé en cas de garde partagée, terminés les départs retardés à la campagne et les réveils douloureux le premier jour du week-end.
Pour autant, les profs restent plus mitigés. Seule une petite majorité (59 %) est opposée aux cours du samedi, estimant que ce jour est l'occasion de rencontrer les parents et d'aborder en classe des sujets plus ludiques. « Mais ça revient à supprimer soixante-seize heures de cours par an : on ne bouclera plus jamais aucun programme ! », estime Jean-Jacques Hazan, secrétaire général de la FCPE, la principale association de parents d'élèves. Pas faux, d'autant que ces - précieuses ? - heures de cours ne seront pas rattrapées. Il était jusque-là question de les transférer sur le mercredi matin, de diminuer la pause déj de deux à une heure, ou de raccourcir les vacances scolaires d'été pour instaurer pour tous la semaine - controversée - de quatre jours, qui concerne déjà 25 % des élèves. Mais finalement, les trois heures libérées « seraient dévouées à ceux qui sont en échec scolaire », selon le ministre.
« Darcos répond à une demande sociale légitime. Mais n'oublions pas la réussite scolaire. Il faut concilier les deux », poursuit le numéro deux de la FCPE. Quid des familles qui n'ont pas les moyens de partir en week-end ou d'inscrire leur progéniture à des cours de piano ? Pour elles, Xavier Darcos a évoqué hier « l'école ouverte avec des professeurs volontaires », pour éviter que les enfants restent seuls. Là réside le noeud du problème : luxe pour les uns, charge supplémentaire pour d'autres (lire ci-dessous), le samedi chômé par les écoliers risque, selon plusieurs observateurs, d'instaurer un système éducatif à deux vitesses.