Une radioscopie étonnante. La FEP-CFDT a recueilli de décembre 2006 à juin 2007 les joies, souffrances et attentes de 5 228 des 140 000 profs d'établissements privés sous contrat, via un questionnaire. L'étude, que s'est procurée 20 Minutes, est rendue publique cet après-midi. Pour l'heure, pas de comparatif possible avec les profs du public. Mais « les résultats devraient être sensiblement identiques », selon Bruno Lamour, membre du projet. Exit les clichés, le prof est donc :
? Passionné Pour caractériser son activité, plus d'un sondé sur deux privilégie l'intérêt du métier, voire son côté passionnant (trois sur dix), plutôt que sa difficulté (15 %). D'ailleurs, 60 % des profs interrogés disent avoir choisi ce métier d'abord pour le plaisir d'enseigner, ensuite seulement pour la conciliation avec la vie de famille (24 %). Plus motivés que désabusés.
? En mal de reconnaissance Malgré une forte implication, 53 % estiment que le travail effectué n'est pas assez reconnu. « Ce sentiment de dévalorisation s'explique par le fait que l'image du prof a changé, il n'incarne plus la réussite et les parents sont de plus en plus méfiants », selon Bruno Suchaut, directeur de l'Institut de recherche sur l'éducation (Iredu). De surcroît, ils gagnent en moyenne 25 % de moins que leurs homologues du public.
? Débordé Sans compter les conseils de classe, les sorties scolaires et les rencontres avec les parents, un enseignant sur deux assure travailler plus de 10 heures à domicile et entre 26 et 35 heures à l'école, par semaine. Dans le privé, la polémique née en novembre dernier d'une vidéo où Ségolène Royal propose que les profs restent présents 35 heures dans leur établissement a dû laisser assez indifférent...