Cheveux rasés, traits acérés, yeux perçants... Daniel Boulanger a la gueule de l'emploi. Celle d'un ancien flic du Raid. De cet homme, vous ne connaissiez que sa cagoule noire, il n'avait jamais montré son visage. Cet homme, c'est celui qui a tué Human Bomb le preneur d'otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine en mai 1993. Et qui a été par la suite accusé de l'avoir froidement exécuté sur ordre de Charles Pasqua avant d'être blanchi par la justice.
Aujourd'hui, dans un livre coécrit avec le journaliste Dominique Rizet* et dans un docu-fiction diffusé ce soir sur France 2, où il a joué son propre rôle, Daniel Boulanger livre sa version des faits et se plaît à raconter son histoire. A casser l'image du flic muet. « On nous connaît mal en fait, on nous voit comme des hommes en noir, qui ne parlent pas, comme des robots qui exécutent les ordres », explique-t-il. « Sans jeu de mots », s'empresse-t-il de rajouter.
Daniel Boulanger s'est replongé dans la procédure pour raconter le déroulement de cette prise d'otages hors normes. Ses gestes à lui restent à jamais gravés dans sa mémoire. Comme les trois balles qu'il a tirées dans la tête d'Eric Schmitt : « Notre priorité, ce sont les otages. On sait que HB sait manier les explosifs. S'il se réveille quand nous évacuons, il faut tirer et viser la tête pour tenter de tout arrêter. » A-t-il eu des ordres venus d'en haut ? « Non. Je me suis retrouvé au milieu d'un règlement de comptes politique. Il s'agissait d'atteindre Pasqua, ministre de l'Intérieur. Dans une autre situation, je me suis déjà retrouvé face à un forcené qui avait abattu deux collègues, j'aurais pu le tuer et passer pour un héros. Mais ce n'est pas dans ma nature. » La prise d'otages aurait-elle pu se terminer autrement ? Lui assure qu'il continue de se poser des questions : « Dormait-il vraiment, ou faisait-il semblant pour nous faire exploser avec lui ? »
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