François Mitterrand avait attendu deux ans après son élection avant de prendre, en 1983, le tournant de la rigueur. Nicolas Sarkozy s'apprête-t-il à en faire autant quatre mois après son élection ? C'est la question qui agitait hier encore la sphère politique, après de nouveaux propos allant dans ce sens tenus par François Fillon dans la matinée. « On a 1 150 milliards de déficit à la fin de 2006. C'est une situation qui n'est plus supportable », a fait valoir le Premier ministre sur RTL. Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, en a aussitôt conclu : « François Fillon prépare les esprits aux mesures de rigueur qui vont arriver. » Jean Artuis, sénateur centriste, a embrayé : « Il va falloir une politique de rigueur. Chacun y est préparé. »