La tempête après ses propos sur la réforme des régimes spéciaux n'est pas calmée que le Premier ministre, François Fillon, a déjà provoqué une nouvelle polémique en évoquant, vendredi en Corse, une France en « situation de faillite ». Simple image ou vraie gaffe, juste avant la présentation, mercredi, du budget 2008 ? En tout cas, cette sortie n'a laissé personne indifférent et notamment deux anciens Premiers ministres. « La France n'est pas en faillite », s'est insurgé Dominique de Villepin, affirmant avoir laissé l'Etat dans une situation meilleure qu'aujourd'hui puisque selon lui, l'actuel gouvernement a « aggravé » les choses en dépensant plus de 15 milliards d'euros. « Faillite ? Mais non, certainement pas ! », a renchéri Lionel Jospin. Ce dernier a jugé « un peu étrange » qu'un Premier ministre utilise de tels propos et a accusé la droite d'avoir fait « exploser la dette » depuis 2002. De son côté, François Bayrou, président de l'UDF-MoDem, a vu dans la sortie de François Fillon un « aveu estomaquant » et une « autocritique ».
« Techniquement, ça n'a pas beaucoup de sens, estiment des économistes. Pour qu'un pays soit en faillite, il faudrait qu'il ne puisse plus emprunter. Or les prêteurs se bousculent. » Hier, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a trouvé que François Fillon avait raison de « vouloir provoquer un électrochoc à des fins pédagogiques ». Sauf que même dans son camp, les élèves n'ont pas aimé la leçon.