POLITIQUE – C’est son premier déplacement sur l’île depuis son arrivée à Matignon…
François Fillon a entamé vendredi à Calvi (Haute-Corse) sa première visite en Corse depuis son arrivée à Matignon. Le Premier ministre a confirmé qu'il allait rencontrer en fin de journée tous les groupes représentés à l'Assemblée territoriale, y compris les élus nationalistes, parmi lesquels Jean-Guy Talamoni, leader de Corsica nazione indipendente (CNI), principal parti indépendantiste qui cautionne la violence clandestine.
A quelques heures de son arrivée, deux attentats non revendiqués ont visé en Haute-Corse le Trésor public de l'
Ile-Rousse et une voiture d'un gendarme à
Corte, sans faire de victimes. «La Corse est une priorité pour la République. Il y a eu longtemps un malaise entre la République et la Corse. La Corse a fait une sorte de déprime, elle a eu le sentiment d'être abandonnée par la République à tort ou à raison», a déclaré le Premier ministre.
Accepter les différences
Il a affirmé qu'il était «venu écouter» les Corses «pour amplifier l'effort» de la République et dans la perspective du Conseil des ministres décentralisé prévu fin octobre. François Fillon était hostile au processus de Matignon qui a donné en 2002 davantage d'autonomie à l'île. «J'y étais largement défavorable. Il a été mis en oeuvre. Les Corses se sont prononcés sur leurs institutions et donc mon rôle c'est pas de porter un jugement sur les institutions, c'est pas d'en proposer des nouvelles, c'est de veiller à ce qu'elles fonctionnent», a-t-il dit.
Concernant notamment le développement de la langue corse, le Premier ministre a estimé que «la République est plus forte aujourd'hui et qu'elle peut mieux accepter les différences».