A coeur ouvert. Les passagers abonnés du TER Alsace avaient rendez-vous hier matin à la gare avec des agents de la SNCF et de la région, à l'occasion de la Journée de proximité organisée par la compagnie de transport. Café, croissants et jus d'orange étaient disposés sur une grande tablée de la salle de l'ancien buffet. Quelques voyageurs, peu intéressés par le débat, en ont profité pour jouer les pique-assiettes, mais la plupart des clients présents étaient d'abord là pour émettre leurs doléances.
Un sujet de mécontentement était sur la plupart des lèvres : l'interdiction, dès le 1er octobre, de faire monter son vélo dans le Strasbourg-Bâle aux heures de pointe. Avec presque 15 000 voyageurs quotidiens, c'est la ligne la plus empruntée d'Alsace. « Je refuserai d'obtempérer, prévient Jean-Michel, 48 ans. Je prends ce train tous les jours et il n'y a pas de problème de place. » Un constat réfuté par Philippe Dollé, chargé de mission à la région. « Nous avons atteint un point de non-retour et nous sommes saturés de vélos », explique-t-il. « Les mécontents comprennent quand on invoque les questions de sécurité, souligne pour sa part Pierre Scheffer, responsable du pôle commercial alsacien à la SNCF. Il faut absolument maintenir un accès dans les couloirs pour laisser le passage aux contrôleurs. » Des arguments qui n'ont pas convaincu tout le monde : « Plus que la mesure, c'est la méthode qui m'a choqué, lance Jacques, 50 ans. On nous a annoncé cela de manière abrupte. Il aurait fallu un délai plus important pour pouvoir s'organiser. »