L'école, théâtre de la violence enfantine. « Happy slapping », jeu du foulard ou de la tomate (qui consiste à se boucher le nez et à rester en apnée jusqu'à devenir rouge cramoisi) : ces jeux font fureur dans les cours de récré. D'après la première enquête nationale réalisée par TNS Healthcare Sofres*, rendue publique aujourd'hui et que 20 Minutes s'est procurée, un million d'enfants de 7 à 17 ans avoue avoir déjà participé à un jeu dangereux de ce type. Soit plus d'un enfant sur dix (12 %) ! « C'est alarmant, explique Magali Duwelz, présidente de l'association SOS Benjamin, du nom de son fils, retrouvé pendu en 1998 dans la cour d'école. Cela prouve que ces jeux sont devenus un fléau, un phénomène de société. »
Le plus inquiétant, c'est que d'après l'étude, 59 % des enfants disent avoir « joué » les victimes ou les bourreaux de leurs camarades « pour faire comme les autres ». Dès l'école primaire, certains seraient donc prêts à mettre leur corps en danger pour s'intégrer. Et pour près d'un bambin sur deux (46 %), ces jeux sont « drôles ». « On est obligés d'aller expliquer dans les classes que filmer avec son téléphone portable le jeu de la pièce - où un enfant gratte la peau d'un camarade jusqu'au sang avec un euro -, n'a rien d'hyper comique, poursuit la responsable de l'association. Les gamins se traitent de «bouffon» ou de «balance» quand l'un refuse de jouer ! » Pour autant, ces jeux ne sont pas en pleine recrudescence, et les victimes restent rares. Pas de psychose donc. « Mais il faut que les profs et les parents restent vigilants et prennent conscience que les souffre-douleur reproduisent parfois ce qu'ils ont vécu eux-mêmes. »