AGROALIMENTAIRE - C'est ce que souhaiterait le gouvernement qui ne confirme pas; les céréaliers sont furieux…
Les écologistes en ont rêvé, la droite va-t-elle le faire? Selon
«Le Monde», le gouvernement préparerait «un gel des cultures transgéniques en 2008» jusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, «l'a confié à un groupe de parlementaires de la majorité qu'il a reçu lundi 17 septembre», assure le quotidien. Ce moratoire sur les cultures commerciales ne s'appliquerait cependant pas à la recherche en laboratoire. Cette nouvelle intervient alors qu'un consensus semble se dégager dans les groupes de travail du Grenelle de l'environnement sur l'incapacité à garantir la non contamination des champs non OGM par les cultures génétiquement modifiées.
Le gouvernement souhaite une nouvelle loi sur les organismes génétiquement modifiés en août et la création d'une Haute autorité indépendante pour en évaluer les risques. Jean-Louis Borloo espère obtenir sur ce sujet «un compromis général lors de la grande table-ronde du Grenelle» fin octobre.
Le ministère de confirme pas
Le ministère à l'Ecologie n'a toutefois pas souhaité commenter cette information qui a fait vivement réagir. Si les écologistes sont contents, à l'image de Greenpeace qui «se félicite» de la nouvelle, ce n'est pas le cas des producteurs. Le Groupement national des industriels de la semence (Gnis), qui représente les producteurs d'OGM, est ainsi «opposé à toute discontinuité tant qu'une nouvelle loi n'aura pas été votée et son décret d'application adopté».
Xavier Beulin, le premier vice-président de la FNSEA, principal syndicat agricole, a annoncé que son organisation «ne siégerait» pas au Grenelle de l'Environnement. «S'il n'y a pas de démenti formel du gouvernement, nous nous poserons la question de la suite de notre participation».
«Si l'information est confirmée, est-ce que la profession agricole a besoin de continuer à participer au Grenelle de l'Environnement?», s'est interrogé également Philippe Pinta, président de l'association générale des producteurs de blé (AGPB). Christophe Terrain, président de l'Association générale des producteurs de maïs, a jugé, lui, «irresponsable» une telle mesure. «On a la confirmation que l'agriculture est la victime d'une politique spectacle et d'une politique qui se fait uniquement sur la communication. S'il n'y a pas de dialogue possible dans notre pays, nous allons chercher une réponse à Bruxelles car nous voulons une politique européenne. La France ne peut pas imposer ses règles à tous les pays. Je ne peux pas imaginer que les Espagnols cultivent des OGM et que moi je ne puisse pas le faire à 50 km de la frontière», a-t-il réagi.
«On va laisser les Américains dominer la recherche»
Pour Jean-Jacques Vorimore, vice-président de l'association générale des producteurs de blé, «c'est complètement irréaliste». «C'est extrêmement dangereux pour le secteur agroalimentaire français qui n'aura pas l'approvisionnement nécessaire en quantité et en qualité. On va laisser les Américains dominer la recherche car on va fortement décourager les entreprises européennes», a-t-il dit.
Une levée de boucliers auquel le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a répondu en affirmant que la question de la commercialisation en France des semences OGM n'était «pas tranchée». La décision sera prise par Nicolas Sarkozy après le Grenelle de l'Environnement, a-t-il fait valoir. Et tenté de rassurer les céréaliers et les producteurs d'oléagineux, réunis à Tours lors d'un congrès auquel il assistait, en rappelant que «ceux qui cultivent des OGM respectent la loi». Pour l'instant.
En 2007, 22.000 hectares de maïs OGM, soit quatre fois plus qu'en 2006, ont été cultivés dans l'Hexagone, essentiellement dans le Sud-Ouest, respectant la réglementation française, transcription de directives européennes.