Maïa Simon a eu recours à un «suicide médicalement assisté» en Suisse

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Publié le 20 septembre 2007.

EUTHANASIE – La comédienne française avait dénoncé «l'hypocrisie» de la France sur ce sujet…

La comédienne française Maïa Simon est morte à 67 ans, en Suisse, après avoir eu recours à un «suicide médicalement assisté» pour «abréger ses souffrances» dues à un cancer. Elle avait auparavant expliqué son geste dans un long entretien à RTL, diffusé jeudi.

«Hypocrisie» française

Dans cet entretien bouleversant accordé à un reporter de la station avant sa mort programmée, l'actrice explique qu'elle «regrette l'hypocrisie en France et les tabous» sur ce sujet. «Parce que si moi je pars, parce que ça me plaît d'accomplir ce voyage (en Suisse, NDLR), il y a aussi des gens qui préféreraient rester chez eux en famille et qui n'ont pas envie d'aller à l'étranger pour accomplir cette chose-là», estimait la comédienne, décédée mercredi.

«Ils le font de toute façon, parce qu'ils trouvent toujours des gens qui peuvent les aider. Mais c'est absolument ignoble parce que les médecins ou les anesthésistes risquent d'être punis. C'est ridicule tous ces médecins qui sont un peu réac ou tous ces gens qui sont trop religieux et qui veulent imposer leur vue à tout le monde», ajoutait-elle.

Une déchéance insupportable

Atteinte d'un cancer, Maïa Simon a fait part de la «dégradation» de son corps et expliqué comment elle a organisé son «dernier voyage». «Y'a pas seulement le poumon, y'a plein de petites choses qui se déglinguent et je sens que j'arrive à la limite, c'est-à-dire que je m'étouffe, que je peux plus beaucoup sortir et que y'a plein d'autres choses que se dégradent. Je pense que c'est le bon moment pour le faire», confiait-elle.

«Une de mes grandes hantises c'était l'état de dépendance et la déchéance. J'ai accompagné ma mère qui est morte d'un cancer aussi (...). Quand vous êtes dans un centre de soins palliatifs, vous attendez la mort de manière passive, vous ne faites pratiquement plus rien, vous êtes un peu végétatif. Moi j'étais une nomade, toujours entre deux voyages. Si je n'ai plus la liberté d'aller caracoler à l'extérieur, c'est comme si on m'assassinait, comme si je m'étiolais comme un oiseau en cage», confiait-elle.

Choix difficile… pour les autres

«Parce que le problème c'est qu'avec cette maladie, vous pouvez passer des paliers et puis brusquement on vous hospitalise et alors là vous rentrez dans le cercle infernal des soins, même si vous refusez les chimio», ce qu'elle avait fait.

«Au lieu d'attendre la mort d'une manière passive, j'organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis, expliquait-elle. Comme nous n'avons pas la possibilité d'accomplir cette chose en France, je suis obligée de partir à l'étranger. Quelque part cette idée me séduit parce que ça me donne la possibilité d'une escapade (...). Et quand j'arriverai là-bas, ce sera le grand bond».

«Au début ça n'a pas été facile de leur faire admettre ma décision. Et puis petit à petit ils ont quand même compris (...) que ce que je choisissais c'était essentiel pour moi. Donc ils sont passés au-delà de leurs a priori ou de leurs peurs».

DEBAT – Le droit de mourir dignement doit-il être autorisé en France ?
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