Sur la porte, au-dessus de l'écriteau « salle de classe », est épinglé l'« emploi du temps » de la semaine, réparti, selon les matinées et les après-midi, en « classe » ou « chevet ». Passé la porte, on découvre une mappemonde sur un mur, un tableau sur un autre et des petits bureaux au centre de la pièce. Dans un coin, quelques ordinateurs, et sur des étagères, des manuels scolaires classés par âge et par niveau. Un peu partout, des pots de feutres et de crayons. Une salle de classe banale, donc, sauf que celle-ci se situe au troisième étage de l'hôpital pour enfants Robert-Debré à Paris, service chirurgie ORL.
En France, la rentrée scolaire concerne également les enfants et adolescents hospitalisés pour des courts ou longs séjours. L'an dernier, une dizaine d'enfants ont passé leur baccalauréat à Robert-Debré et deux leur brevet des collèges. Le tout dans des structures adaptées à leur pathologie et avec des professeurs qui peuvent également se déplacer à domicile. « L'école à l'hôpital s'adapte au rythme de l'enfant, avec pour finalité de ne pas rompre son parcours scolaire », explique René Borie, directeur du centre scolaire de l'établissement. « On est une école comme les autres, précise l'institutrice, Jeanine Charon. Les enfants m'appellent maîtresse, on applique les programmes scolaires nationaux, mais on tient compte des maladies de chacun. »
Ce matin, dans la classe, Esmeralda travaille avec Owen. La fillette de 8 ans quittera l'hôpital dans la journée, après avoir été opérée à l'oreille droite quelques jours plus tôt. Son camarade du même âge attend, lui, une intervention lourde. « Je ne savais pas qu'il y avait une école ici, j'ai été surprise, explique Esmeralda, en CE2 à Paris. Mais c'est bien, c'est mieux que de rester dans sa chambre à regarder la télé. » Et ici, pas de problèmes de discipline ni de classes surchargées. « Avec les perfusions et les allées et venues des infirmières, impossible d'avoir beaucoup d'enfants en même temps », précise Jeanine Charon.