INTERVIEW - La députée Annick Lepetit, proche de Lionel Jospin, défend le livre de l'ancien Premier ministre…
Lionel Jospin a provoqué de nombreuses réactions en critiquant vertement Ségolène Royal dans son nouveau livre «L'impasse». Etait-ce vraiment le bon moment de sortir ce livre?
Oui, c'est au moment où le PS entame un travail de réflexion que chacun doit contribuer au débat. Il est d'autant plus légitime qu'il ne souhaite pas être premier secrétaire ou candidat à la présidentielle en 2012. Ce qui semble occuper beaucoup les esprits des camarades en ce moment. A la lecture de «Libération», on a l'impression que tout le bouquin porte sur Ségolène Royal. Mais c'est une réflexion plus large sur le parti socialiste depuis 2002. Le livre n'est pas un énième bouquin qui tape sur Ségolène Royal.
Les réactions au PS ont été très hostiles. Une surprise?
J'appelle mes collègues du PS à être plus sereins par rapport aux analyses des uns et des autres. Ils doivent faire preuve de patience et réagir qu'une fois qu'ils auront lu le livre. Mais je trouve de mauvaise foi de vouloir faire une analyse de l'échec du PS et de ne pas vouloir parler de Ségolène Royal.
Justement, Lionel Jospin avait fait porté le chapeau de sa propre défaite en 2002 à d'autres que lui. Est-il vraiment en droit de faire porter la responsabilité de l'échec de 2007 à la seule candidate Royal?
Il n'a jamais dit que la défaite de 2002 n'était pas de sa faute. Il a pris sa part de responsabilité.
Pourquoi Lionel Jospin n'a-t-il pas formulé ses critiques avant, pendant la campagne présidentielle par exemple?
Il s'en explique dans son livre mais je ne veux pas dévoiler son contenu aujourd'hui.
Vous avez parlé à Lionel Jospin aujourd'hui. Est-il blessé par les critiques, parfois virulentes, des socialistes?
Il en veut à «Libération» d'avoir sorti cela de cette façon. Mais il est serein. Il sait que les journées parlementaires socialistes sont traditionnellement le lieu d'empoignades.
Recueilli par Alexandre Sulzer