JUSTICE - Emmanuel Rist comparaît devant le tribunal correctionnel de Colmar...
Emmanuel Rist continue sur sa lancée.
Après avoir fait acte de contrition lundi, le «cerveau» présumé de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim (Haut-Rhin) où 117 tombes avaient été recouvertes d'inscriptions néonazies et antisémites en avril 2004, a de nouveau exprimé de vifs regrets, mardi devant le tribunal correctionnel de Colmar.
Des sanglots dans la voix
«Il faut qu'un procès comme celui-ci fasse un exemple dans les générations futures pour que cela ne se reproduise pas. Tous les hommes sont égaux devant la souffrance, qu'on soit juif, maghrébin, français ou italien», a expliqué à la barre Rist qui comparaît depuis lundi au côté de deux autres coprévenus.
A la présidente Elisabeth Mehl qui lui demande «d'où vient cette prise de conscience», Rist explique avoir «réfléchi autrement en prison». «C'est complètement débile de cautionner un régime qui a fait autant de mal», a-t-il expliqué à propos du IIIe Reich. «Je voulais aller de l'autre côté de la barrière (...) Je n'ai jamais su mettre un frein à ces limites et quelque part, j'ai perdu ma famille pour des convictions absurdes», a-t-il encore lancé, des sanglots dans la voix.
«Bienvenue dans le monde humain!»
«Bienvenue dans le monde humain!», lui lance alors Alain Jakubowicz, l'avocat du Consistoire central, l'une des parties civiles. «Ce sont des mots très forts, nous sommes dans le rejet absolu et même au-delà».
Emmanuel Rist, 37 ans, comparaît au côté Laurent Boulanger, 27 ans et Laurent Peterschmitt, 28 ans, pour la profanation du cimetière israélite de Herrlisheim, près de Colmar, où des croix gammées et celtiques, des sigles SS ainsi que des slogans antisémites avaient été découverts le 30 avril 2004 sur 117 des 400 pierres tombales.
Tentative de meurtre d’un Marocain
Rist est en outre sous le coup de deux autres mises en examen: l'une au côté de Boulanger pour la tentative de meurtre d'un Marocain en septembre 2005 à Rouffach (Haut-Rhin), l'autre
pour l'assassinat d'un homme d'origine marocaine en mai 2001 à Gundolsheim (Haut-Rhin). Le procès doit durer jusqu'à mercredi.