Les trois hommes accusés d'avoir vandalisé le cimetière juif de Herrlisheim (Haut-Rhin), dont 117 tombes avaient été dégradées en avril 2004 par des inscriptions néonazies, ont fait acte de contrition hier, au premier jour de leur procès à Colmar.
A la barre, bras croisés et visage fermé, Emmanuel Rist, principal prévenu et « cerveau » présumé des exactions, explique d'emblée être « dans un état d'esprit qui n'a rien à voir avec celui de l'époque » des faits. « Si je réponds aujourd'hui, c'est uniquement dans l'intérêt de la justice, des parties civiles, de la communauté israélite et dans l'intérêt de ma famille », poursuit-il.
Questionné par la présidente sur les motivations qui l'ont conduit au cimetière le 30 avril 2004, Emmanuel Rist a indiqué n'en avoir « aucune ». Il a rejeté la responsabilité de l'expédition sur ses coprévenus et assuré n'avoir « jamais voulu manipuler qui que ce soit ». « Ils voulaient mener une action qui devait passer dans les journaux et ils m'ont sollicité », a-t-il avancé. Selon lui, il n'y avait « aucun message » dans la profanation de Herrlisheim, « juste des conneries à faire, alors on les a faites ».
Ce n'est pas tout à fait la même version que ses deux coprévenus. Interrogés en début de matinée, Laurent Boulanger et Laurent Peterschmitt ont également assuré qu'ils regrettaient leur geste, tout en soulignant le rôle de « meneur » de Rist. Laurent Peterschmitt a brossé le portrait d'un Rist « cultivé », qui en « impose », capable de « parler pendant des heures » du IIIe Reich.