Les syndicats déclarent la guerre au gouvernement

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Publié le 10 septembre 2007.

SOCIAL - Comme Fillon «a chargé les missiles», ils réagissent...

Patrick Devedjian, le secrétaire général délégué de l'UMP, a beau dire que «les esprits ont mûri», l'annonce de François Fillon sur la réforme des régimes spéciaux de retraire a mis le feu aux poudres.

Outre François Chérèque de la CFDT (la CFDT-RATP rappelle lundi que les régimes spéciaux sont «l'héritage de la reconnaissance de la pénibilité des métiers»), le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a réagi en estimant que François Fillon avait «donné l'impression d'avoir chargé les missiles et d'attendre que le président de la République appuie sur le bouton». «Il y a un problème de méthode et de contenu. Sur la méthode, on nous laisse d'abord entendre qu'il y a un décret; après le porte-parole du gouvernement dit non, il n'y a rien de prêt; et dimanche le premier ministre dit ça y est, on est prêt», s'est étonné celui qui a dire ne «pas exclure» un conflit majeur avec le gouvernement.

«Va y avoir du sport»

Au vocabulaire guerrier de FO, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, préfère les métaphores athlétiques. Et prévient qu'il y aurait «du sport et pas seulement dans les stades de rugby» si le gouvernement procédait «par le fait accompli».

La CFTC y va aussi de son communiqué estimant que le gouvernement devra «assumer seul les conséquences» d'une réforme des régimes spéciaux de retraite, «puisqu'il veut avancer tout seul sur ce dossier». Le syndicat chrétien «regrette que le gouvernement passe à côté de l'opportunité d'une bonne négociation avec les syndicats sur les régimes spéciaux de retraite» et juge «inopportun d'aborder cette réforme des régimes spéciaux sans avoir fait avancer la négociation sur les métiers pénibles, qui lui est intimement liée».

«Une logique de destruction»

Côté politique, après le PS, le PCF a annoncé qu'il «mettra tout en oeuvre pour combattre la logique de destruction du gouvernement». «Alors que la réforme du régime général des retraites dont François Fillon était l'auteur, en faisant passer le nombre de d'années de cotisation de 37,5 à 40, s'est soldé par un échec, le gouvernement s'enferre dans la même logique désastreuse, à moins d'un an du point d'étape prévu en 2008», a dénoncé le parti de Marie-George Buffet.

Même tonalité offensive du côté d'Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire : «Fillon siffle la rentrée sociale. Il s'agit de répondre présent. C'est une déclaration de guerre de la part de Fillon. Il le sait.»

Des menaces face auxquelles Nicolas Sarkozy n'a pas voulu sembler impressionné. «J'ai été élu pour mettre en oeuvre des réformes profondes pour moderniser la France, et ces réformes se feront. J'ai un rendez-vous très précis le 18 septembre, ce jour-là, je dirai ce qu'il en est», a déclaré le président de la République depuis l'Allemagne.
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