Héritier d'une fortune lyonnaise, observateur de tous les mouvements dits «undergrounds», pionnier des radios libres, Bizot a, toute sa vie, été à la fois hyperactif et insatiable. Il ne cessait de danser et de poser des questions, se souviennent ses proches. Le journaliste ne prenait jamais de vacances, ou s'il acceptait d'en prendre, c'était pour y faire des reportages. De préférence en Afrique, à Soweto ou Abidjan.
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Il a tourné un film, «La Route» (1973), écrit une enquête, «Au Parti des socialistes» (1975) avec Léon Mercadet et Patrice Van Eersel, rédigé un roman, «Les Déclassés» (Sagittaire, 1976) et conçu un livre d’art, «Underground, l’histoire» (Denoël, 2001). Il aussi lancé quelques unes des personnalités du Paf d'aujourd'hui, dont Ariel Wizman, Edouard Baer et Jamel Debbouze.
Puis, Bizot, qui détestait les dimanches, a eu ce qu'il appelait «ce moment de faiblesse»: un cancer. C'est de cela qu'il est mort.
«Je perds un membre de ma famille, a dit Jamel Debbouze à l'antenne de Radio Nova dimanche soir, je suis foudroyé. Si des mecs comme moi ont pu s'exprimer librement, c'est grâce à lui (...) La première fois que je l'ai vu, il m'a dit "t'es nul mais tu ne le resteras pas longtemps".»
Dans la discothèque de Jean-François Bizot, qui faisait des kilomètres de long et irriguait la programmation de Nova et TSF, il y avait du jazz, beaucoup, et de la musique africaine. Mais surtout, il y avait ce titre d'Ernest Ranglin, «Below the bassline», qui figurait parmi ses chansons préférées.
«Nova et TSF continueront, a promis Edouard Baer sur l'antenne de Radio Nova dimanche soir. Merci Jean-François. Pour la vie. Pour la mienne, merci.»