Christine Albanel
Ministre de la Culture
et de la Communication.
Quels sont les enjeux
de la mission de lutte
contre le téléchargement illicite et le développement
des offres légales ?
Cette mission devra réfléchir, discuter, négocier et trouver toutes les voies pour mettre en place un dialogue constructif entre les différents acteurs du secteur. L'élément nouveau, c'est que tout le monde semble avoir pris conscience qu'il faut s'entendre.
Quelles sont
les pistes de travail ?
Il faut mettre en place une offre légale encore plus attractive et des dispositifs pour informer les internautes sur les dangers du piratage et du téléchargement illégal. Ils doivent prendre conscience qu'il y a un risque de tarir la création à sa source.
C'est le dialogue qui aurait
dû avoir lieu avant la loi
sur les droits d'auteur liés
au numérique de 2006...
A l'époque, il y avait d'un côté les partisans du tout-répressif et de l'autre ceux qui défendaient la gratuité à tout prix. Aujourd'hui, les esprits sont davantage ouverts à la discussion. Cette loi a donné des outils pour sanctionner le piratage massif. Mais, avec l'annulation du dispositif de la riposte graduée, on s'est retrouvé un peu dans le flou. Dans ce domaine, la répression ne fait pas tout.
Pourquoi avoir choisi Denis Olivennes ? Sa personnalité n'est pas trop marquée
du côté du tout-répressif ?
Il a une grande expérience : il est le président de la Fnac, il a travaillé à Canal+, à Numericable... Il connaît très bien ce secteur et, par ses écrits, il a montré qu'il avait une certaine hauteur de vue. Denis Olivennes a conscience qu'il faut trouver les voies du dialogue et je connais ses talents de négociateur, il n'est pas là pour défendre les intérêts d'une seule catégorie. Il sera assisté d'experts comme Isabelle Falque-Pierrotin, du Forum des droits sur l'Internet.
En France, contrairement
à d'autres pays, le numérique ne décolle pas. Quels sont
les freins à la croissance ?
On assiste à une expansion de la musique numérique liée à la montée en puissance des équipements. Les pratiques évoluent rapidement. Il est vrai que l'offre légale reste moyennement attractive. Cela fait partie des objectifs de la mission de proposer une offre plus claire, plus diversifiée et plus attractive.
Fournisseurs d'accès Internet et producteurs ne se sont jamais trop entendus. Aujourd'hui, certains s'allient pour proposer de nouvelles offres commerciales.
Sont-ils prêts à jouer le jeu ?
Il me semble. J'ai reçu tous les acteurs et on sent que les choses ont évolué. Notamment parce qu'il y a une volonté politique.
Des sites tels que Deezer, considérés comme pirates
et qui veulent devenir légaux, ont-ils leur place ?
Je suis dubitative. La mission doit essayer de fixer un périmètre légal. Elle peut faire preuve de beaucoup d'inventivité, mais elle devra indiquer jusqu'où on peut aller.