Libye: des «contreparties d'ordre médical» pour libérer les infirmières

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Publié le 4 septembre 2007.

LIBYE - Cécilia a parlé...

Oui, il y a bien eu des contreparties pour la libération des otages, mais ce sont des «contreparties d'ordre médical». C’est du moins ce qu’affirme Cécilia Sarkozy dans un entretien au quotidien régional l'Est républicain de mardi.

«A mon niveau, il ne s'est agi que de contreparties d'ordre médical», explique l'épouse du chef de l'Etat. «J'ai offert à l'hôpital de Benghazi des médecins chargés de former leurs homologues palestiniens, des équipements, des traitements contre le sida et des visas rapides pour que ces cas urgents puissent venir se faire traiter en France».

«Choquée»

Cécilia Sarkozy a notamment cité le cas du «petit» Ramadan Mohamed Saleh, «qui a été opéré du coeur à deux reprises et qui doit subir une nouvelle intervention». «Dès que l'hôpital de la Timone, à Marseille, donnera son feu vert (...), lui et sa famille auront leurs visas».

«Je compte tenir mes engagements, je suis l'évolution de tous les enfants contaminés», a poursuivi Cécilia Sarkozy qui est «choquée» que «certains médias utilisent ainsi un drame humain et la souffrance des femmes, d'enfants et des familles».

«Ce n'est pas ma place»

Elle a également indiqué qu'elle ne souhaitait pas se rendre à une audition de la commission parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. «Celle-ci n'est pas constituée comme cela a été expliqué, je crois que ce n'est pas ma place.»

Cécilia Sarkozy a expliqué la réussite de son intervention par le fait qu'elle est arrivée sur place «en tant que femme, en tant que mère, sans forcément (s')attarder sur la complexité des relations internationales, mais avec la ferme intention de sauver des vies».

«En tête-à-tête, sans interprète»

«Je me suis concentrée sur la libération des infirmières et sur ces enfants qui vivent un enfer depuis huit ans. Avant d'aller en Libye je n'avais pas mesuré ce qu'enduraient les enfants malades, je pensais d'abord aux infirmières bulgares et au médecin palestinien».

«On ne m'empêchera jamais d'essayer d'aider ou de soulager la misère du monde, dans quelque pays que ce soit.»

Les discussions avec le colonel Khadafi se sont faites «en anglais et en tête-à-tête, sans interprète», selon Cécilia Sarkozy. «Je pense qu'il a compris qu'avec moi, il pouvait faire un geste humain susceptible d'améliorer son image».

«Mais je n'ai pas eu de discussions qu'avec lui. J'ai négocié sans relâche avec tous les dirigeants libyens concernés par le dossier», a observé la femme du président de la République.

«Avec mon coeur et ma détermination»

Cécilia Sarkozy, qui n'a pas exclu de retourner en Libye prochainement «si cela est nécessaire», a dit «ne pas avoir de rôle particulier» dans la République. «Chacun a le devoir de s'engager quand il le juge nécessaire. Là, je l'ai fait avec mon coeur et ma détermination».

Cécilia Sarkozy s'est rendue deux fois en Libye lors de la phase finale des négociations ayant mené le 24 juillet à la libération des infirmières et d'un médecin bulgares détenus depuis huit ans.

Commission d’enquête

Son intervention avait provoqué de nombreuses polémiques, des négociations avec le colonel Khadafi étant déjà en cours à l'échelon européen. L'opposition avait demandé, et obtenu, la création d'une commission d'enquête parlementaire pour éclaircir les conditions de libération des infirmières bulgares.

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, actif dans ce dossier, avait affirmé début août que la possibilité d'une contrepartie à leur libération est un sujet qui n'avait «jamais abordé dans nos discussions».
D'après AFP
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