Il y avait plus de 4 000 militants et responsables du PS, ainsi que de nombreux parlementaires autour de leur président de groupe, Jean Marc Ayrault. Je voulais faire de notre rendez-vous non pas une opération de communication mais un moment politique pour poser des actes essentiels : analyser notre défaite, lancer le processus de changement du PS, affirmer une opposition crédible et rassembler la gauche. Objectifs atteints.
Les absents n'ont pas eu tort ?
En tout cas, les présents ont eu raison. On a évité le défilé de personnalités, pour celui des idées.
Selon vous, la France ne travaille pas assez. Changer le PS, c'est le droitiser ?
La société française ne s'est pas droitisée, le PS n'a donc pas à suivre ce mouvement. Si la France a voté Sarkozy, c'est que la gauche ne lui a pas parlé assez concrètement et qu'elle n'a pas su lui montrer qu'elle représentait le vrai changement. Et si la France ne travaille pas assez, c'est parce que 2,5 millions de Français sont au chômage, la moitié des seniors écartés du marché du travail avant 60 ans, des millions de femmes à temps partiel contraint et les jeunes abonnés aux petits boulots. L'enjeu aujourd'hui, c'est moins les 35 heures que d'organiser le travail tout au long de la vie et de tenir compte de la pénibilité des métiers pour la retraite.
Le Grand Soir, c'est donc fini ?
Il faut arrêter de demander la rupture avec le capitalisme. Le réformisme, c'est changer la vie des gens tous les jours, plutôt que le soir, grand ou pas. Laissons le thème de la rupture à Sarkozy. Il va lui revenir en boomerang.
Vous appelez à des assises de la gauche. C'est nouveau ?
Je propose que la gauche se réunisse à la rentrée pour apporter des réponses sur le pouvoir d'achat et sur le plan de rigueur budgétaire que prépare Sarkozy. Et qu'on se retrouve ensuite avant les municipales, pour ne pas être qu'une force de critiques, mais aussi de propositions et d'action.
Avec l'idée d'un candidat commun en 2012 ?
« Fédération de gauche », « candidature unitaire », ce sont des formules ronflantes et prématurées. Je préfère le pragmatisme. Commençons par nous réunir, riposter et proposer. Pour le reste, on verra plus tard.
Vous voulez être prêt pour 2010. Pour préparer la présidentielle de 2012 ?
En 2010, les socialistes choisiront leur candidat. D'ici là, le PS comme moi-même n'avons qu'un seul objectif en tête : être plus utiles et plus unis. Je suis premier secrétaire pendant un an encore. Ensuite, je serai plus libre, mais je ne suis pas dans l'autoproclamation.
Pourriez-vous redevenir premier secrétaire en 2010,
si celui-ci doit être le candidat naturel du PS en 2012 ?
Ce n'est pas quand je m'apprête à quitter cette fonction que je réfléchis à la reprendre.
Avec Ségolène Royal, vous avez passé le week-end à vous éviter. N'est-ce pas absurde ?
Nous nous sommes parlés, mais toute exposition médiatique aurait été interprétée sur un terrain autre que politique. Nous sommes sur le même discours, celui du travail collectif, le même état d'esprit, celui du redressement de gauche, sans alimenter la chronique sur un autre terrain.