L'opération est « d'une énorme importance ». C'est ainsi que le ministre espagnol de l'Intérieur a vanté le succès du coup de filet anti-ETA mené samedi à Cahors,
dans le Lot. Les polices française et espagnole ont en effet interpellé quatre membres présumés de l'organisation séparatiste basque,
dont un membre historique considéré comme « le plus grand expert en fabrication de bombes et d'explosifs » de l'ETA. L'opération a eu lieu dans un quartier résidentiel tranquille. Aucun coup de feu n'a été tiré et les quatre personnes n'ont opposé aucune résistance.
Les enquêteurs ont ensuite perquisitionné la maison. Ils y ont découvert un important stock d'engins explosifs et un laboratoire aménagé dans une partie du salon. Quelque 800 pièces ont été mises sous scellés.
Selon le ministre espagnol de l'Intérieur, la maison servait de « base opérationnelle où l'ETA préparait et organisait ses principales activités ». Les trois hommes et la femme interpellés font apparemment partie de « l'appareil militaire » de l'ETA et ont eu « une participation décisive dans l'attentat de l'aéroport de Madrid » du 30 décembre 2006, qui a fait deux morts. Selon Jean-Michel Bourles, vice-procureur de la République à Paris et chef adjoint de la section antiterroriste, ces arrestations devraient « générer une désorganisation de l'appareil militaire de l'ETA pendant un certain temps ». Mais, a-t-il précisé dans la foulée, « l'organisation a l'habitude de reformer très rapidement des personnes pour ce type de mission ».