J'ai le privilège de pouvoir faire mes disques quand je me sens prête, c'est un luxe insensé. Mais arriver au résultat qu'on veut, ça prend du temps.
Le fil conducteur du disque, c'est l'amour. Un sujet inépuisable ?
Je préfère parler d'amour que d'autres choses... J'évoque tout un tas de sensations : le désir, le plaisir, l'attente, le stress, l'amitié, la fainéantise. Les textes étaient très importants, mais mes désirs étaient d'abord musicaux. Je voulais un album organique pour ne pas me perdre dans trop de « maquillage ».
La tonalité de votre voix est plus grave que d'habitude...
Oui, ça collait bien avec certaines chansons. C'est Mathieu [Chedid] qui me l'a réclamé. Il m'a encouragée à essayer des choses nouvelles sans avoir honte, ni peur. Je me suis donc laissée aller.
Avec Mathieu Chedid, c'est l'idylle musicale ?
Il se trouve qu'on aime bien être et travailler ensemble. Musicalement, j'aime ses idées, sa façon de bosser. Et puis, il a ce côté « t'inquiète pas, tout va bien aller » qui est très rassurant. Quand vous liez les idées au savoir-faire, croyez-moi, c'est énorme !
Après vingt ans de carrière, vous avez des regrets ?
Je regrette de ne pas avoir dit à Gainsbourg à quel point j'étais fière et flattée qu'il m'ait écrit un disque [Variations sur le même t'aime]. A l'époque, je ne voulais pas qu'il me prenne pour une admiratrice aveugle. Je suis peut-être passée pour quelqu'un d'ingrat.
Etes-vous sous pression à cause de la crise du disque?
Non, car j'ai une position hyperprivilégiée. Je ne suis pas une artiste qui débute, ni qui rame. Je suis quelqu'un à qui on laisse la parole, qui peut s'en aller pendant longtemps et à qui on laisse encore faire des disques. J'aurais du mal à me plaindre.