REPORTAGES - Les militants PS ont répondu présent à l'université d'été. Mais ils attendent des réponses...
«L’année dernière, j’avais la peur du trop plein avec le bal des éléphants avant les primaires ; cette année, c’est plutôt la peur du trop vide.» Marie, la cinquantaine, militante «depuis sa naissance» dans les Bouches-du-Rhône, ne cache pas son inquiétude. «Le parti est en souffrance, estime cette militante. Nos idées ne sont plus adaptées à la société, on ne parle plus aux ouvriers, on ne parle plus aux classes moyennes… on est à sec».
Rares sont les applaudissements
Marie est à l’image des quelque 3000 militants socialistes venus ce week-end à La Rochelle. Pas vraiment enthousiastes et plutôt attentistes. Pas question, cette année, de changer les troupes du PS en clubs de supporters pour tel ou tel responsable. Dans les ateliers-débats, les applaudissements sont rares pour saluer les intervenants, remplacés même parfois par des sifflets ou des huées, comme ce matin, lorsqu’Arnaud Montebourg a affirmé que «Ségolène Royal a inventé la démocratie participative».
«Le climat général est celui d’un parti qui a perdu les trois dernières présidentielles », résume Christian, cadre EDF, adhérent depuis quinze ans dans l’Aveyron. Avec des militants déboussolés, qui cherchent avant tout du « parler-vrai », mais qui conservent encore un minimum d’optimisme. «Notre défaite en mai est peut-être un mal pour un bien, un échec qui va permettre la rénovation», se plaît à croire Cécilia, jeune militante bruxelloise. «On a perdu parce qu’on a un problème de savoir-faire électoral lié à la crédibilité de notre projet», estime Christian. Pour lui, le salut passe par «un peu de courage». «Notre société est immature, et le rôle du PS est d’être un parti adulte, qui ose dire les choses, même celles qui ne font pas plaisir».
«Ségolène, c’est fini»
Exemples donnés par cet homme qui se revendique «social-démocrate» : «dire qu’on ne pourra sauver notre système de protection sociale que si on allonge le départ en retraite, ou que l’université gratuite pour tous, c’est la mort à terme de l’université».
Mais pour «trancher avec courage», il faut un chef qui en impose. «Or, on est en panne d’un leader qui ferait bouger les lignes. Un Delors, un Rocard, ou un Jospin de la grande époque, mais personne aujourd’hui n’a ce profil», juge Christian. François Hollande ? «J’ai beaucoup de respect pour le Premier secrétaire, mais il a un gros problème, c’est que justement, il ne sait pas trancher.» Et Ségolène Royal ? «Ah non ! s’emporte Marie. Ségolène, c’est fini, elle est une excellente présidente de région, qu’elle le reste !».
Pour beaucoup de militants, la campagne de l’ex-candidate socialiste, menée loin du parti et sur un mode très personnalisé, n’est pas passée. « La présidentielle a montré que les idées comptent plus que le candidat. On s’en est remis à Ségolène comme à la femme providentielle, sans bétonner le projet… On a vu le résultat », regrette Audrey, militante MJS.
A La Rochelle, Bastien Bonnefous