La rentrée ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour Gaëlle Kergutuil, 19 ans, en deuxième année de licence de biologie à l'université de Versailles (Yvelines). « Mes parents habitant à une heure de la fac, j'envisage de prendre un appartement toute seule pour me rapprocher », explique-t-elle. Mais ce projet lui semble d'ores et déjà difficile à réaliser : « Ma demande de logement en cité U n'a pas été satisfaite, et à Versailles, les loyers sont astronomiques. Reste la proche banlieue, mais il faut compter environ 550 € pour un studio. »
Impossible de demander une aide à ses parents ou de décrocher une bourse sur critères sociaux. Pour joindre les deux bouts, Gaëlle ne devra compter que sur elle-même : « Je vais trouver un job de vendeuse ou de caissière pour travailler vingt heures par semaine, ce qui me permettra de gagner 500 €. Et j'aurais droit à 150 € d'allocation logement par la CAF. »
Avec ce budget, seule la colocation paraît envisageable. Quant aux dépenses de la rentrée, Gaëlle a dû zapper les vacances d'été pour pouvoir les assumer : « J'ai fait des ménages dans une clinique pour mettre 700 € de côté. Cette somme devrait me permettre de régler les 300 € de frais d'inscription universitaire, la carte de transport [50 € par mois], la mutuelle [40 €], les livres et fournitures scolaires... »
Malgré sa prévoyance, Gaëlle sait déjà que l'avenir ne sera pas rose : « Mon job alimentaire m'a pris trop de temps l'an dernier, et je dois repasser trois matières en septembre, déplore-t-elle. Ce sera difficile d'obtenir ma licence en temps voulu. »