AFFAIRES ETRANGERES – UE, Turquie, Kosovo... Le Président prononçait son discours devant les ambassadeurs de France...
La déclaration était attendue. L’affairisme du Président de la République en matière extérieure – le Traité européen simplifié et la libération des infirmières bulgares sont des initiatives élyséennes — faisait de ce discours d’ouverture de la XVe conférence des ambassadeurs lundi, le premier depuis son élection, un rendez-vous clé de cette rentrée. Enfin, on allait connaître dans le détail sa conception et son «approche des dossiers internationaux».
Volontarisme
«Vous l’aurez compris, le volontarisme dont le gouvernement fait preuve sur la scène intérieure sera de même nature sur la scène extérieure», a affirmé Nicolas Sarkozy, souriant, à la fin de son discours. Peut-être aurait-il pu commencer par cela.
Car le président nouvellement élu, qui fait de l’Europe «la priorité absolue», n’entend pas seulement faire entrer en vigueur le traité simplifié avant les élections européennes du printemps 2009. Il compte aussi se rendre dans les 27 capitales européennes d’ici au 1er juillet, donner un nouvel élan à l’Europe de défense et encourager le dialogue entre Serbes et Kosovars sur la question du Kosovo. Bref, Nicolas Sarkozy entend aussi en matière de politique étrangère «changer le cours des choses», être «un Président qui agisse et obtienne des résultats».
Un président qui sait aussi parfois ne pas fermer la porte. Adversaire déclaré de l’entrée de la Turquie dans l’UE, Nicolas Sarkozy s’est montré ce matin plus nuancé, évoquant la possibilité de relancer les négociations d’adhésion avec ce pays si les 27 lancent un comité de «sages de très haut niveau», chargé de réfléchir à l’avenir du projet européen. Voilà qui devrait soulager — au moins pour un temps — Ankara, qui frappe à la porte des instances européennes depuis plusieurs décennies maintenant.
Car Nicolas Sarkozy a peut-être d’autres projets en tête pour la Turquie. Lundi matin, il est longuement revenu sur son projet d’Union de la Méditerranée. Une association qui servirait de rempart au risque de confrontation entre Islam et Occident, l’un des « principaux défis du XXIe siècle» à ses yeux. Autres défis évoqués par le président : « les risques d’un monde multipolaire antagoniste » où des puissances comme la Russie et la Chine agissent parfois avec une certaine « brutalité » ; le dossier nucléaire iranien, la plus grave crise pesant actuellement sur « l’ordre international » ; le Liban ou encore l’Irak, où « il n’y aura de solution que politique » si est défini « un horizon clair concernant le retrait des troupes étrangères ».
Armelle Le Goff