POLITIQUE – Michel Rocard a accepté dimanche l’invitation des Gracques à leur première université d’été…
Il ne voulait pas faire de rentrée politique. Finalement, Michel Rocard a accepté dimanche l’invitation des Gracques à leur première université d’été. Ce mouvement qui avait plaidé pour une alliance entre le centre et le PS pendant la présidentielle, tentait lors de cette journée d’expliquer les raisons de la défaite de Ségolène Royal et d’esquisser les voies de la refondation du PS. « On est loin d’être en état de commencer cette réflexion », a jugé l’ancien Premier ministre en préambule de son intervention, estimant que le PS était dans un «délabrement intellectuel grave».
Nous n’avons pas de leader, ça vaut mieux
Tout en évitant de s’en prendre personnellement aux responsables socialistes, Michel Rocard a jugé qu’il fallait d’abord privilégier la construction d’un programme. «Mais les médias ne nous laissent pas le temps de travailler. Ils veulent sans cesse connaître le nom du quadra charismatique qui pourrait incarner nos idées afin de le clouer au mur.» Critiquant la posture qui consiste à agir non pas pour un résultat mais pour les commentaires de la presse, il a estimé que le PS devait avant tout reconnaître l’économie de marché, à l’instar de ses collègues anglais ou italiens. «Prenons le service minimum, on refuse d’y souscrire alors que si nous étions au pouvoir, nous proposerions la même réforme… C’était déjà le cas sur le réforme des retraites.»
« Il n’y pas de problème d’alliances, mes amis »
A la question «faut-il que le PS s’allie avec le Centre et les Verts ou avec les communistes et les radicaux de gauche», l’ancien Premier Ministre a répondu par une pirouette qui a provoqué l’hilarité dans les rangs du Thêatre de la Villette où se déroulaient les débats. «Quand on se rend compte que le PS associé aux Verts, au Modem, au PC et à toute l’extrême gauche ne représente que 39%, je vous l’assure il n’y a pas de problème d’alliances mes amis… »
Vincent Vantighem